Mort de Mandryka, père du Concombre masqué

Mandrika a reçu le Prix du patrimoine du Festival d’Angoulême en 2005 pour son personnage du Concombre masqué, légume un peu dingue et philosophe.
Photo: Derick Ceyrac Agence France-Presse Mandrika a reçu le Prix du patrimoine du Festival d’Angoulême en 2005 pour son personnage du Concombre masqué, légume un peu dingue et philosophe.

L’auteur de bande dessinée Nikita Mandryka, créateur du personnage comique le Concombre masqué, est mort à 80 ans, a-t-on appris lundi auprès de ses éditeurs.

Ce dessinateur qui s’est aussi fait appeler Kalkus à ses débuts s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile de Genève, en Suisse, a indiqué à l’Agence France-Presse l’éditeur de ses derniers ouvrages, Alain Beaulet.

Il avait reçu le Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 1994 et le Prix du patrimoine du Festival d’Angoulême en 2005 pour son personnage du Concombre masqué, légume un peu dingue et philosophe.

Petit-fils d’un officier supérieur de la Marine russe chassé en Afrique du Nord par la Révolution de 1917, Nikita Mandryka était né à Bizerte en Tunisie le 20 octobre 1940.

Sa vocation lui vient de la découverte de Spirou dans son enfance. Les soubresauts de l’Histoire font atterrir sa famille au Maroc puis à Lons-le-Saunier. Il montera à Paris pour étudier le cinéma à l’’Institut des hautes études cinématographiques, mais optera finalement pour la bande dessinée.

« Avec un papier, un crayon, et un pinceau, on fait soi-même son cinéma » , disait-il, cité par les éditions Dargaud.

Le Concombre naît en 1967 dans le magazine Vaillant. Ce personnage habite un désert du bout du monde, regarde « la télédérision » et s’exclame « Bretzel liquide ! » , son expression favorite, dès que les choses partent de travers, c’est-à-dire tout le temps.

Après avoir quitté cette revue et avoir collaboré avec Vaillant, cet avant-gardiste fonde en 1972 L’Écho des savanes avec Claire Bretécher et Marcel Gotlib.

Il en part pour devenir rédacteur en chef de Charlie mensuel en 1982, puis de Pilote en 1983. Le Concombre masqué revient en album chez Dupuis dans les années 1990.

Pionnier sur Internet

En 1998, Mandryka devient l’un des pionniers de la BD sur Internet, publiant des planches sur son propre site.

Dargaud a rendu hommage à « un humour aussi décalé que décoiffant, un sens aigu de la dérision et de l’absurde, un langage réinventé, un délire contrôlé, un graphisme percutant, le tout parsemé de quelques réflexions philosophiques ».

Sur Twitter, le directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Pierre Lungheretti a souligné le vide creusé par la mort de ce pionnier. « Nikita Mandryka s’en est allé. C’était un formidable auteur qui a marqué l’époque par son insolence, par son intelligence et par son acuité graphique. Le concombre masqué est entré dans l’histoire de la #BD. C’est une perte immense pour le 9e Art. »

Le créateur de la série Irresponsable (OCS), Frédéric Rosset, aussi scénariste, notamment pour la série Dix pour cent, a salué le legs du père du Concombre masqué sur Twitter, rejoignant le sentiment de plusieurs de ses inconditionnels. « Je suis triste. Son œuvre est une de mes références absolues, La vie quotidienne ou Les aventures potagères de ce Concombre m’ont marqué au fer rouge lors de mon enfance. »

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