Le fond des choses

Photo: Éditions Les Heures rouges, photomontage «Le Devoir»

Dans Le fond des choses, le narrateur est un jeune journaliste qui occupe un « poste prestigieux » dans un quotidien montréalais. La publication de la biographie d’un célèbre artiste-peintre, mort il y a vingt ans, faisant le silence sur ses activités de « pédophile notoire », va le pousser à faire enquête et à retrouver l’une de ses victimes. Dépressif et insatisfait, le narrateur sans nom du premier roman de Thomas Desaulniers-Brousseau semble être enfermé dans sa solitude et ses atermoiements amoureux. À coups de phrases alambiquées et parfois maladroites, on assiste à l’évolution d’un projet d’écriture introspective, porté par « l’idée confuse » d’aller au bout de lui-même, révélant au passage l’envers de la fiction — seule dimension audacieuse (mais peu convaincante) de ce livre dépourvu de tension. Un trop long morceau d’« autoanalyse », où les personnages et les événements valsent en solo et paraissent accessoires. Un récit confus et méandreux, foisonnant de figures sans vie et de détails inutiles sous sa fausse profondeur qui nous plonge dans un ennui vertigineux.

Le fond des choses

★★ 1/2

Thomas Desaulniers-Brousseau, Les Herbes rouges, Montréal, 2021, 296 pages

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