Pratique d’incendie

Photo: Éditions Leméac, photomontage «Le Devoir»

Fillette banale de banlieue que personne ne remarque, Camille devient obsédée par la mort le jour où elle découvre qu’il n’y a pas que les vieux qui meurent. Dès lors, elle entreprend de rédiger son journal de mort, tout en poursuivant sa vie sans histoire. Sans oublier de cacher sa réticence à quitter le monde de l’enfance afin de ne pas devenir la risée de ses pairs. « La honte donne encore plus le vertige que les gratte-ciel. C’est comme une chute à l’intérieur, un trou qui s’ouvre dans le ventre pour nous avaler. C’est sûrement possible de mourir de honte : le vide qui se creuse est trop profond pour en sortir intact. » Troisième roman de la Sherbrookoise Kiev Renaud (Princesses en culottes courtes, Je n’ai jamais embrassé Laure), Pratique d’incendie s’avère une joyeuse plongée aux accents tragicomiques dans la psyché d’une enfant sensible, lucide, d’une imagination débordante, lointaine cousine de Bérénice (L’avalée des avalés de Ducharme) et de Clémentine (L’arrache-cœur de Vian).

Pratique d’incendie

★★★

Kiev Renaud, Leméac, Montréal, 2021, 108 pages

 

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