Mort de Maj Sjöwall, la mère du polar nordique

Avec son mari, Maj Sjöwall a créé le personnage récurrent de l’inspecteur Martin Beck et de son équipe d’enquêteurs à Stockholm, qui à travers ses enquêtes peint un tableau sans concessions de la société suédoise.
Photo: Johan Nilsson Agence France-Presse Avec son mari, Maj Sjöwall a créé le personnage récurrent de l’inspecteur Martin Beck et de son équipe d’enquêteurs à Stockholm, qui à travers ses enquêtes peint un tableau sans concessions de la société suédoise.

Maj Sjöwall, qui avec son mari Per Wahloo (lui-même mort en 1975) a lancé la vague des romans policiers nordiques, pavant ainsi la voie aux Stieg Larsson, Arnaldur Indridason et autres Henning Mankell, est décédée à l’âge de 84 ans, a annoncé mercredi son éditrice.

Maj Sjöwall « est morte aujourd’hui au terme d’une longue maladie », a indiqué à l’AFP Ann-Marie Skarp, directrice des éditions Piratforlaget.

Le couple a créé le personnage récurrent de l’inspecteur Martin Beck et de son équipe d’enquêteurs à Stockholm, qui à travers ses enquêtes peint un tableau sans concessions de la société suédoise. « Ces dix romans avec pour héros Martin Beck sont désormais des classiques et ont inspiré, j’ose le dire, tous les auteurs de romans policiers vivants », a ajouté Ann-Marie Skarp.

Leurs livres ont été traduits en 40 langues et ont servi de base à des douzaines de films. Plusieurs poids lourds du polar nordique leur ont d’ailleurs rendu hommage au fil des ans. Dans l’introduction de leur Roseanna, Henning Mankell expliquait que son très apprécié Wallander avait été influencé par leur Beck et la façon dont ces derniers l’avaient dessiné : « Ils ont coupé avec les tendances fictionnelles en matière de crime ».

Jeudi, le Guardian rappelait que le couple avait eu une influence décisive sur le polar nordique, le Daily Telegraph attribuant quant à lui à Sjöwall le statut de « géante sur les épaules de laquelle les titans du polar scandinave moderne se tiennent ».

Née le 25 septembre 1935 à Stockholm, Maj Sjöwall a étudié le graphisme et le journalisme. Elle a d’abord travaillé comme traductrice, directrice artistique et journaliste.

Elle a rencontré Per Wahloo, lui aussi journaliste, en 1961. Ils se sont mariés et ont eu deux fils.

Après avoir couché les enfants, ils avaient coutume de s’asseoir de chaque côté d’un bureau et d’écrire jusque tard dans la nuit, un chapitre chacun. « Nous avons beaucoup travaillé le style », a-t-elle expliqué au Guardian en 2009. « Nous voulions trouver un style qui soit ni le mien, ni le sien, mais un style qui serait bon pour nos livres ».

Les deux auteurs ont été lauréats du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur roman en 1971 pour Le Policier qui rit (Den skrattande polisen).

Avec Le Devoir