Le Grand Prix du livre de Montréal décerné à Marie-Claire Blais

L'écrivaine québécoise Marie-Claire Blais
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L'écrivaine québécoise Marie-Claire Blais

L’écrivaine québécoise Marie-Claire Blais a décroché le Grand Prix du livre de Montréal lundi pour son roman Une réunion près de la mer, paru aux Éditions du Boréal. Elle remporte par la même occasion une bourse de 15 000 $ de la Ville de Montréal et une tournée de promotion dans l’un des pays francophones membres de l’Association internationale des études québécoises, partenaire du prix.

Le jury, présidé par Catherine Mavrikakis — écrivaine, essayiste, professeure à l’Université de Montréal et membre de l’Académie des lettres du Québec — s’est dit conquis par « l’humanité » du livre de Mme Blais et « l’infinie compassion » qui transparaît tout au long de son récit. « Donnant refuge dans son roman aux souffrances, aux injustices, aux horreurs de notre époque, [Marie-Claire] Blais crée une terre d’asile, la littérature, pour penser l’hospitalité à travers la phrase. »

Dans Une réunion près de la mer, dixième et dernier volet de la série Soifs, l’auteure revient à sa façon sur les guerres, les catastrophes, et les débats de société qui ont secoué l’humanité au cours du dernier siècle, par l’entremise d’une réunion familiale qui se tient sur une île en bordure de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique.

À l’aide de ses mots couchés sur papier, elle aborde aussi des thématiques aussi fortes que l’amour, l’empathie, et la compassion, amenant les lecteurs à pousser leur réflexion éthique sur de tels sujets.

« Je souhaite de tout cœur que le Grand Prix du livre de Montréal que nous avons remis aujourd’hui à Marie-Claire Blais incite le plus de monde possible à s’offrir en cadeau la lecture de son roman gagnant, Une réunion près de la mer, dont les très grandes qualités littéraires ont conquis notre jury », a déclaré Christine Gosselin, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, au moment de remettre le prix à la gagnante.

Marie-Claire Blais n’en est pas à sa première récompense littéraire. Elle avait déjà reçu le Grand Prix du livre de Montréal en 2012 pour son livre Le jeune homme sans avenir. Elle s’était plusieurs fois retrouvée dans la liste des finalistes de cette récompense, dont la première fois en 1966.

Depuis ses débuts d’écrivaine, elle a également reçu quatre prix du Gouverneur général, dont deux étaient attribués à des romans de la même série Soifs, commencée en 1995.

Compétition

Parmi les 234 titres soumis, le jury a retenu cinq finalistes en octobre, qui se tournaient autant vers la fiction que la poésie. Aux côtés de Marie-Claire Blais se trouvaient Andrée A. Michaud (Routes secondaires), Catherine Lalonde (La dévoration des fées), François Charron (L’herbe pousse et les dieux meurent vite) et Maxime Raymond (Les noyades secondaires). Ils ont chacun reçu une bourse de 1000 $.

« Durant les délibérations, il y a eu beaucoup de moments de joie graves alors que nous découvrions de grands textes, des livres forts qui, nous le pensons, marquent déjà l’histoire. Ces temps de reconnaissance évidente d’ouvrages qui laisseront leur empreinte sur leur époque et sur la vie à Montréal ont été une récompense pour chacun des membres du jury », a souligné la présidente du jury, Catherine Mavrikakis.

Créé en 1965, le Grand Prix du livre de Montréal est accordé à un auteur ou à une auteure de Montréal, ou dont le livre est publié par une maison d’édition montréalaise, pour un ouvrage paru récemment et s’étant démarqué par sa facture et son originalité exceptionnelles.