«Zviane au Japon»: arigato gozaimasu

Zviane a une parole drôle, rafraîchissante, candide. Son talent de dessinatrice se passe de présentation.
Photo: Catherine Ocelot / Pow Pow Zviane a une parole drôle, rafraîchissante, candide. Son talent de dessinatrice se passe de présentation.

Dans un entrefilet, en novembre 2017, Le Devoir annonçait la tenue prochaine d’une exposition au Japon présentant le travail de sept auteurs québécois de bédé, dont Zviane.

Moins d’un an plus tard, l’auteure des Deuxièmes et de Ping-Pong publie ce petit recueil, simplement intitulé Zviane au Japon, ses impressions récoltées au fil d’un mois et des poussières passé en sol nippon.

Sous une éclatante couverture, clin d’oeil au kawaii et à l’univers des mangas, se cache un carnet de voyage, mélange de guide pratique et de collection d’observations sociologiques. Zviane au Japon aborde tant la multiplicité des modes de « flush » des toilettes japonaises que la dépendance technologique du pays des animes.

 

Les politesses débordantes, les caractères compliqués à déchiffrer pour un oeil occidental… les connaisseurs de la contrée du Studio Ghibli revisitent des expériences bien connues, alors que les simples curieux y découvriront au mieux les dessous d’une culture entourée de mystère.

Tout cela en courts chapitres dessinés. Les commentaires sur l’argent, le graphisme ou les coutumes qui diffèrent de celles que l’on connaît en Amérique du Nord sont entrecoupés d’illustrations plus vagues tirées de scènes de la vie courante, de personnes rencontrées, de lieux. Comme ces cafés, ces soupers, ces ambiances que le voyage laisse figés dans notre mémoire des mois après.

Des instantanés, en quelque sorte. Parsemées à travers cet étrange ouvrage bourré de « bons à savoir », qui tient plus du blogue que de la bédé, ces pages dessinées où l’on voit les moments volés du temps de Zviane à Kyoto sont les plus touchantes.

Le reste est chouette ; Zviane a une parole drôle, rafraîchissante, candide. Son talent de dessinatrice se passe de présentation.

Hyper mignon, son trait toujours changeant (elle le mentionne d’ailleurs dans l’ouvrage) est ici minimaliste et adorablement fruste. Somme toute, l’entreprise est louable, mais son but demeure, disons-le, un peu flou.

Zviane au Japon

★★★

Zviane, Pow Pow, Montréal, 2018, 92 pages