Acheter local et rendre un libraire indépendant heureux

En 2017, les données de l’Institut de la statistique du Québec montraient une croissance des ventes chez les librairies indépendantes de 6,9%.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir En 2017, les données de l’Institut de la statistique du Québec montraient une croissance des ventes chez les librairies indépendantes de 6,9%.

Pour une troisième année, le réseau Les libraires oganise, le samedi 2 juin, une Journée des librairies indépendantes, cherchant ainsi à faire vibrer la corde de l’éthique des lecteurs et à éveiller leur conscience de l’écosystème qu’est le marché du livre québécois. Acheter local, en d’autres mots, rend votre libraire heureux.

« À l’heure où l’on discute de la mainmise des géants du Web et de la question de la taxation, indique le directeur général de la coopérative des Libraires indépendantes du Québec (LIQ), Jean-Benoît Dumais, nous réalisons que de plus en plus de gens font des choix culturels responsables. » Responsables ? « Ils privilégient notamment les lieux qui font le choix de l’indépendance d’esprit et qui misent sur la proximité et la diversité », poursuit M. Dumais. En sourdine, certains disent même que la discussion autour de Netflix et de la nécessité ou non de taxer le service aurait un effet boomerang positif jusque sur les librairies d’ici.

En 2017, les données de l’Institut de la statistique du Québec montrait une croissance des ventes chez les librairies indépendantes de 6,9 %, illustre le directeur de la LIQ. Dans les librairies grande surface, la baisse était de 7,1 %. Cette tendance, bien marquée depuis deux ans, corroborerait l’impression que les lecteurs valorisent le service de quartier et la relation personnalisée. En grande diffusion (pharmacies, Costco, etc.), où tout dépend toujours des méga-best-sellers, les statistiques notent des ventes de +3,8 %.

Ces chiffres correspondent aux mouvements remarqués en boutique, indique Jean-Benoît Dumais, ainsi que sur la plateforme leslibraires.ca, qui permet aux petites librairies indépendantes de faire des ventes par Internet. Le site a vu une augmentation de 58 % des commandes en ligne de livres papier au cours du dernier exercice (avril 2017 à mars 2018). C’est, croit M. Dumais, le signe d’une « reconnaissance manifeste de l’expertise des libraires, de la richesse de leur rôle-conseil et de l’animation qu’il font autour du livre ».

Une année intéressante

Il faut dire que l’année 2017 fut intéressante en librairie, indépendante ou non, avec un rendement des ventes de +5 %, selon le Bilan Gaspard 2017 du marché du livre au Québec. « L’édition québécoise affiche dans son ensemble une hausse de ses ventes de 6 %, après un résultat de +7,3 % en 2016 », peut-on y lire. Cette progression passe essentiellement par l’essor, encore en 2017, de la bande dessinée, et aussi de celui du livre scolaire.

Pour célébrer cette Journée des librairies indépendantes, plus d’une centaine d’entre elles proposeront des activités, essentiellement au Québec, mais aussi au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Séance de signatures ou rencontre avec des auteurs, lectures publiques, création de cadavres exquis, ateliers d’écriture ou de création sont quelques-unes d’entre elles. On les retrouve toutes à jdli.leslibraires.ca.

Haut du palmarès général du Bilan Gaspard 2017

1. Famille futée, Tome 3, G. O’Gleman, A. Diaz, Éditions de l’Homme

2. En as-tu vraiment besoin ?, P.-Y. McSween, Guy Saint-Jean éditeur

3. Astérix et la Transitalique, J.-Y. Ferri, D. Conrad, Albert René

4. Soupers à l’avance en 5 ingrédients, 15 minutes, R. Houde, B. Boudreau, Pratico-Pratiques

5. Le guide de l’auto 2018, D. Duquet et collab., Éditions de l’Homme