La femme de l’ombre, Arnaldur Indridason

L’Islande est tout à coup sortie du Moyen Âge — et de l’aura de légende fantastique qui l’enveloppait — avec la Deuxième Guerre mondiale. C’est ce que nous révélait Arnaldur Indridason en entrevue en parlant de cette Trilogie des ombres qui raconte précisément le choc que fut pour les Islandais l’occupation britannique puis, plus tard, l’arrivée des soldats américains. Ce brutal passage à la modernité ne s’est pas fait sans heurts ; passer d’une économie de pêche et d’une agriculture de subsistance à l’après-guerre impliquait une sorte de « saut quantique » sur le plan des mentalités. C’est bien ce que décrit ici l’écriture à la fois vivante et fouillée d’Indridason qui sait donner du relief au moindre détail, illustrant à quel point les Islandais ordinaires ont vu leur vie transformée d’un coup… Un livre admirable porté par un souffle inimitable.

La femme de l’ombre

★★★ 1/2

Arnaldur Indridason, traduit de l’islandais par Éric Boury, Métailié, Paris, 2017, 331 pages