La nuit des enfants qui dansent, Franck Pavloff

Franck Pavloff est l’auteur d’une oeuvre prolifique dont le texte le plus marquant est une nouvelle, Matin brun, qui abordait le totalitarisme, l’oubli et le devoir de mémoire. Ces thèmes refont surface dans son dernier roman, La nuit des enfants qui dansent, où trois personnages, Zâl et Téa, jeunes funambules idéalistes, et Andras, homme bourru et passéiste, gagnent ensemble Budapest, « la ville des métamorphoses ». Avec en toile de fond l’arrivée croissante de migrants, la montée de mouvements néonazis et le festival de Sziget, le trio développe une amitié fertile en débats, où les plus jeunes tentent de montrer au cynique Andras « que la continuité n’est pas que le calque du passé ». Le roman a plusieurs qualités, mais le narrateur — omniscient — et le personnage d’Andras tirent constamment le récit en arrière, ramené à l’Histoire, et ces apartés ne s’emboîtent pas avec naturel, conférant plutôt un ton didactique à l’ensemble. Entre un avenir de fil de fer et un passé d’horreurs, Pavloff règle des comptes avant de nous raconter une histoire, et c’est dommage.

La nuit des enfants qui dansent

★★ 1/2

Franck Pavloff, Albin Michel, Paris, 2017, 280 pages