Vous connaissez peut-être, Joann Sfar

Que reste-t-il de nos amours à l’ère des réseaux sociaux et du règne de l’image ? Joann Sfar, bédéiste, illustrateur, réalisateur et écrivain, nous met en garde contre le piège à cons des amours virtuelles en nous proposant le récit d’une relation qui « a commencé avec une photo sur Facebook et s’est terminée au commissariat de police ». L’affaire dure six mois et le fait passer par toute la gamme des émotions, et il jure que « tout [y] est vrai, sinon ce n’est pas drôle ». Banale histoire, Vous connaissez peut-être est truffée de digressions : commentaires sur la création, histoires de cul, aléas du quotidien, amas de mots qui préservent le narrateur de la folie. « L’apocalypse, si j’en crois la Bible, c’est le moment où les mots ne disent plus le monde. » Hélas, ces ruptures incessantes égarent. Les émotions, elles, se noient dans l’ironie malgré une écriture rythmée. Sfar donne à rire, livre même quelques joyaux, mais il peine, même s’il en est capable, à nous secouer, à nous faire rêver.

Vous connaissez peut-être

★★ 1/2

Joann Sfar Albin Michel Paris, 2017, 272 pages