Norma, Sofi Oksanen

Après la mort de sa mère, une coiffeuse qui s’est jetée devant une rame du métro d’Helsinki, Norma Ross essaie d’élucider les raisons de ce suicide inexplicable. Souffrant d’« hypertrichose » héréditaire, une pilosité excessive qui ne concerne ici que les cheveux — qu’elle doit couper tous les jours —, l’héroïne du cinquième roman de la Finlandaise Sofi Oksanen, laissée à elle-même, tentera de relier les fils de sa propre histoire familiale, coincée entre l’exception et la malédiction. Personnage extrasensible aux odeurs et aux phéromones, la jeune femme va vite découvrir que sa mère vendait ses cheveux, très prisés pour les extensions capillaires, à prix d’or à une bande mafieuse mêlée à d’autres trafics encore plus sombres : mères porteuses et fermes d’enfants au Nigeria. Doté d’un point de départ original et badigeonné de féminisme (« Qui gouverne les cheveux gouverne les femmes »), ce thriller maladroit de l’auteure de Purge (prix Femina étranger, 2010) se dilue toutefois rapidement dans la confusion de l’anecdote.

Norma

★★ 1/2

Sofi Oksanen, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, Stock, Paris, 2017, 396 pages