Philippe Couillard, un lecteur boulimique

Philippe Couillard examine le livre «1792» lors de sa visite.
Photo: Marco Bélair-Cirino Le Devoir Philippe Couillard examine le livre «1792» lors de sa visite.

À l’instar de dizaines de milliers d’autres, Philippe Couillard a profité du Salon international du livre de Québec pour faire le plein d’ouvrages. Rencontre impromptue avec un lecteur boulimique.

Le premier ministre dit lire « sans arrêt » ou presque. « Le soir, en général, je lis peu de dossiers gouvernementaux. Il faut que je change d’univers. C’est là que je fais ces lectures. »

M. Couillard a revisité l’oeuvre du « grand écrivain » Michel Tremblay avant d’assister à la première de la production d’À toi, pour toujours, ta Marie-Lou d’Alexandre Fecteau au théâtre La Bordée en février dernier. Il avait plongé une première fois dans la littérature de Tremblay il y a « des années et des années ». À ce moment, « je n’appréciais pas vraiment le niveau d’écriture de ce grand Québécois », confie-t-il. Les choses ont changé.

M. Couillard, qui ne cache pas son penchant pour Milan Kundera, dit s’être « détaché » de la fiction au profit du documentaire. « Je trouve un thème. Puis, il faut que j’achète plusieurs livres sur celui-ci avant de m’en satisfaire à peu près et de passer à un autre thème », explique-t-il.

Il a récemment lu tous les ouvrages qui lui sont passés sous le nez sur… la physique quantique. « Essayer de comprendre ça pour quelqu’un qui n’a pas une formation très avancée, [ce n’est pas simple, mais] je pense que j’y suis arrivé à peu près, donc ça va bien. » Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a déjà donné une leçon d’informatique quantique, peut-il en dire autant ?

Sorti du monde quantique, le chef du gouvernement s’est récemment lancé dans la théologie, cherchant à démêler les origines des religions chrétiennes.

M. Couillard a amorcé la tournée des kiosques des exposants du Salon international du livre de Québec en compagnie du ministre de la Culture, Luc Fortin, ainsi qu’une demi-douzaine d’élus de la Capitale-Nationale. Après la prise de quelques photos officielles, ceux-ci sont retournés à leur besogne, tandis que M. Couillard continuait sa tournée du Centre des congrès de Québec métamorphosé en une gigantesque librairie, s’arrêtant ici et là comme si le temps était suspendu.

Il a notamment mis la main sur la dernière édition de Franco-Amérique (Septentrion), qui lui offrira un éclairage bien différent de l’« histoire partagée » des francophones d’Amérique — les Québécois, les Acadiens, les Francos-Américains, les Haïtiens — de celui offert par les concepteurs de la série Canada : The Story of Us. « L’Histoire dépend toujours de celui qui l’écrit et de celui qui la lit », glisse M. Couillard.

Alors que l’un de ses conseillers portait péniblement les livres qu’il a achetés ou reçus d’exposants, le premier ministre s’est élancé vers le kiosque de Druide, ralenti dans sa course par quelques demandes d’égoportraits.

Il cherchait à comprendre une chose : pourquoi n’arrive-t-il pas à intégrer le correcteur d’Antidote dans les applications installées sur sa tablette comme il arrive à le faire dans les logiciels sur son ordinateur ?

Après avoir constaté sa mine après son échange avec les deux représentantes de Druide, parions qu’il parviendra à percer les mystères de la foi chrétienne avant ceux de son iPad.


 
3 commentaires
  • Danielle Houle - Abonnée 10 avril 2017 10 h 07

    Un lecteur boulimique incapable de lire entre les lignes qu'on veut juste qu'il décri...

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 10 avril 2017 11 h 42

    Petit détail...


    M. Bélair-Cirino, prendre le temps de lire une ou deux heures avant le coucher ce n'est pas ce que j'appellerais un "lecteur boulimique", à ce rythme là...!

    D'autre part, il me semble évident que M. Couillard semble vouloir refaire son image auprès des 22% des francophones qui lui reste.

    Intéressée par la physique quantique, je n'aurai d'aise de suggérer à M. Couillard le livre "Qu'est-ce que le boson de Higgs mange en hiver et autre détails essentiels" Pauline Gagnon, chasseuse de bosons, chercheure au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) et originaire du Lac St-Jean. Ouvrage facilement décrytable pour le commun des mortels.

  • Daniel Gagnon - Abonné 10 avril 2017 12 h 37

    Sortie-spectacle et poudre aux yeux du chef de l'inculte gouvernement libéral

    Alors que la santé de la langue française, alors que la santé de son peuple et sa culture sont menacées, le premier ministre Philippe Couillard, à la tête de son gouvernement libéral inculte et insensible, pavoise dans les allées du Salon du livre.

    Cet intérêt, superficiel et promotionnel, cet emballage-cadeau jure avec l'austérité et la brutalité de ses politiques.

    Cette visite publicitaire contraste avec son indifférence toujours renouvelée pour le sort de la la langue française ici, et on regrette son effroyable absence d’efforts, avant tout financiers, pour maintenir le rayonnement de notre langue, qui est notre grande fierté au Québec.

    C’est cela qui devrait tenir à cœur à Philippe Couillard, cette fierté à tout moment, et pas seulement au Salon du livre.

    Le premier ministre devrait s’assurer de la santé de notre langue, de ce qui compte tant pour notre avenir et même, au contraire de ce qu’il pense, pour notre prospérité.