Le patriote errant, Francine Ouellette

Les rébellions de 1837-1838 ont fait l’objet de bien des publications au fil des décennies. Mais l’après, avec ses rebondissements dans la foulée des « troubles », est moins connu. C’est dans cette époque qu’entre Francine Ouellette avec Le patriote errant. Une époque qui fait mieux comprendre le sort réservé aux Amérindiens, l’animosité entre Canadiens français et loyalistes, de même que la montée du pouvoir du clergé, la mainmise de l’Église sur la population et sa proximité avec l’État. Le clivage entre « convertis » et « non-convertis » ébranle le peuple : plusieurs n’ont d’autre choix que de se ranger du côté des « convertis » pour protéger leur famille. Guillaume Vaillant, qui avait participé au soulèvement des patriotes en 1837, dut s’exiler chez les Amérindiens, puis aux États-Unis. De retour au Bas-Canada, imprégné de ces cultures, il devient un témoin critique des changements sociaux qui s’opèrent et fera la rencontre déterminante d’une orpheline irlandaise ayant survécu à l’épidémie de typhus. L’auteure nous offre ici un beau morceau d’histoire.

Le Patriote errant

★★★

Francine Ouellette, Libre Expression, Montréal, 2016, 592 pages