200 drôles d’expressions, Alain Rey

Alain Rey, linguiste admirable qui œuvre entre autres aux dictionnaires Le Robert, s’amuse ici à nous livrer l’histoire d’expressions dont on a oublié les origines, et qui parfois portent en elles des mots autrement effacés — comme pour « férir », recroquevillé désormais uniquement dans « sans coup férir » ou « être féru de… ». On surfe avec plaisir sur l’érudition de Rey et de son équipe, à travers les « à l’aune de… », « tous azimuts », « faire un four » et autres « sainte-nitouche ». On saute les mots du comédien Stéphane De Groodt, dont l’humour semble, dans sa traversée de l’Atlantique, s’être métamorphosé en cabotinage inutile. Apprendre qu’un boute-en-train était dans les haras le cheval que l’on approchait des femelles pour déceler celles qui étaient en chaleur est assez drôle en soi. Rajouter en encadré que « [c]ette expression vient de “bouter le feu”, ou “allumer le feu” pour les fans de Johnny » distille un hexagonisme qui ne devrait plus être de mise en 2016 quand on parle de langue française. Du moins pas aux éditions Le Robert. Un détail, mais lourd, qui ne gâte heureusement pas le plaisir que procure l’ensemble du bouquin.


200 drôles d’expressions

Alain Rey, avec Stéphane De Groodt, Le Robert, Paris, 2015, 416 pages