Le milieu des affaires veut une hausse de l’immigration

Selon un sondage mené par la CCMM auprès de ses membres, près de 80 % desentreprises du Grand Montréal sont touchées par la pénurie de main-d’oeuvre.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Selon un sondage mené par la CCMM auprès de ses membres, près de 80 % desentreprises du Grand Montréal sont touchées par la pénurie de main-d’oeuvre.

À l’aube des élections provinciales, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) présente jeudi une douzaine de demandes à l’intention du prochain gouvernement du Québec. La priorité, selon l’organisme qui représente les intérêts du milieu des affaires montréalais, est de mettre les bouchées doubles pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre, notamment en haussant les seuils d’immigration.

« Ça prend un engagement ferme sur le dossier de l’immigration », explique d’emblée Michel Leblanc, p.-d.g. de la Chambre, en entrevue au Devoir. « Personne n’est contre la vertu, c’est-à-dire la formation de la jeunesse, la formation continue ou même la rétention des travailleurs expérimentés. Mais là où il y a un débat majeur qui n’est pas complété, c’est sur la part de l’immigration comme source de main-d’oeuvre pour notre économie et nos entreprises », affirme-t-il.

Selon un sondage mené par la CCMM auprès de ses membres, près de 80 % des entreprises du Grand Montréal sont touchées par la pénurie de main-d’oeuvre. Les répercussions sont multiples : d’une pression exercée sur les salaires (72 %) à la perte de contrats (58 %), au ralentissement de la production (44 %), jusqu’à la diminution de la qualité des services (42 %).

« C’est une urgence économique à laquelle les partis doivent répondre », souligne Michel Leblanc. Selon le coup de sonde de la Chambre, la communauté d’affaires montréalaise estime que le Parti libéral du Québec serait le plus apte à résoudre la pénurie de main-d’oeuvre (à 33 %, contre 20 % pour la Coalition avenir Québec) et à gérer les questions d’immigration et d’accès à des travailleurs étrangers (à 53 %, contre 7 % pour la CAQ).

Se doter d’une stratégie

La Chambre s’attend aussi à des mesures plus musclées de la part du prochain gouvernement au chapitre de la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Selon le sondage de la CCMM, un très fort consensus (87 %) existe au sein de la communauté d’affaires quant au fait qu’il faut prioriser « l’investissement dans la lutte [contre les] changements climatiques et le déploiement de stratégies pour aider les entreprises à accélérer le virage vers une économie verte ».

L’organisme met également en avant l’importance pour le Québec de se doter d’une stratégie en lien avec l’hydrogène. « Il y a une occasion économique, et on veut bien saisir les positions des différents partis sur ce dossier. On voit qu’il y a une réflexion au Canada, aux États-Unis, en Europe… Alors c’est important d’en avoir une au Québec aussi », indique Michel Leblanc, qui souligne qu’il y a « des investisseurs étrangers qui souhaitent développer des projets ici ». Plus tôt cette semaine, le gouvernement fédéral et l’Allemagne ont signé une entente sur l’exportation d’hydrogène vert canadien.

Alléger le fardeau fiscal

 

Autre mesure réclamée par le milieu des affaires montréalais : alléger le fardeau fiscal pour les entreprises et les contribuables. « Le défi perpétuel quand on a une fiscalité très lourde, comparativement à d’autres régions, c’est un défi d’attraction et de rétention de talents mobiles », explique M. Leblanc. « On a un État qui est en bon contrôle de ses finances publiques et qui a de la marge de manoeuvre pour le faire. »

Sur le plan fiscal, la Chambre plaide aussi pour que la Loi sur la fiscalité municipale exclue les équipements de la taxe foncière — cette loi permet, depuis août 2021, aux municipalités du Québec de taxer les équipements des entreprises technologiques.

« Cette hausse du fardeau fiscal des entreprises est non seulement inacceptable, mais elle est complètement contre-productive : on diminue la position concurrentielle de nos entreprises technologiques, et en plus on pénalise celles qui se modernisent et qui investissent dans l’automatisation de leurs procédés alors que nous sommes en pleine pénurie de main-d’oeuvre », lit-on dans le mémoire de la Chambre.

Parmi ses autres demandes, la CCMM réclame aussi depuis longtemps à Québec de débloquer des investissements pour agrandir le palais des congrès de Montréal. Elle demande également aux partis de se positionner sur la stratégie à adopter pour assurer la réalisation du projet du REM de l’Est, ainsi que des engagements concrets pour veiller à la mise en service du prolongement de la ligne bleue dans les délais annoncés.

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