L’OMC veut mettre le climat au centre du commerce mondial

«Il est urgent de verdir le commerce: le changement climatique n’attend pas. Le travail a déjà commencé à l’OMC», a déclaré la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, sur Twitter. On la voit ici à Genève le 12 juin 2022.
Photo: Martial Trezzini/Pool via Agence France-Presse «Il est urgent de verdir le commerce: le changement climatique n’attend pas. Le travail a déjà commencé à l’OMC», a déclaré la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, sur Twitter. On la voit ici à Genève le 12 juin 2022.

La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’UE et d’autres pays ont appelé lundi à mettre d’urgence la question climatique au cœur des préoccupations commerciales.

« Il est urgent de verdir le commerce : le changement climatique n’attend pas. Le travail a déjà commencé à l’OMC », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala sur Twitter, à l’issue d’une réunion sur le sujet avec des ministres à Genève.

Mme Okonjo-Iweala a également apporté son soutien à la coalition ministérielle sur le commerce et le climat que l’UE, l’Équateur, le Kenya et la Nouvelle-Zélande ont lancée lundi.

« La crise climatique est un problème mondial, et pour y répondre, nous avons besoin d’une action mondiale », a souligné pour sa part le vice-président de la Commission européenne responsable du Commerce, Valdis Dombrovskis.

« Le commerce doit faire partie de la solution. C’est un moteur de croissance qui peut créer de nouveaux emplois verts, réduire la pauvreté et soutenir la transition vers des économies neutres sur le plan climatique », a-t-il soutenu.

Les ministres souhaitent que le commerce et les politiques commerciales puissent soutenir les objectifs climatiques de l’Accord de Paris de 2015 et le développement durable.

Une première réunion est prévue en juillet pour décider des prochaines étapes de la coalition.

 

La question du changement climatique, en soi, ne figure pas expressément dans les accords de l’OMC. Mais l’organisation veut faire du développement durable et de la protection de l’environnement des objectifs « centraux ».

« Nous devons changer profondément notre façon de produire et de consommer les choses si nous voulons que nos enfants aient une vie durable, paisible et confortable dans 50 ans », a exhorté lundi Xiangchen Zhang, directeur général adjoint de l’OMC.

« Le commerce doit faire partie de la solution et non du problème », a-t-il dit en conférence de presse.

« Un moment très excitant »

Dans le cadre des négociations en cours sur le soutien que peuvent s’apporter mutuellement la libéralisation du commerce et l’environnement, les pays membres de l’OMC s’emploient à éliminer les obstacles commerciaux dans les secteurs des marchandises et des services susceptibles de profiter à l’environnement.

Par ailleurs, plusieurs dizaines de pays membres de l’OMC se sont engagés fin décembre à intensifier les discussions sur la pollution plastique, les subventions aux combustibles fossiles et le commerce écologiquement durable. Un moment qualifié d’« historique pour l’OMC » par Mme Ngozi.

Depuis, le nombre des pays ayant rejoint ces groupes s’est accru, s’est réjoui lundi l’ambassadeur australien George Mina, un des coordonnateurs du Dialogue sur la pollution plastique.

« C’est un moment très excitant pour le système commercial mondial et l’OMC. Pendant trop longtemps, nous n’avons pas réussi à intégrer les principales préoccupations environnementales dans notre travail à l’OMC et, au cours des derniers mois, nous avons constaté une augmentation significative de l’attention accordée à ces questions », a-t-il relevé.

Plusieurs millions de tonnes de plastiques arrivent chaque année dans les eaux de la planète, dont une bonne partie finit en mer. Si la production de plastique a explosé, notamment depuis les années 1980, le développement du recyclage n’a, lui, pas suivi.

M. Mina, tout comme l’ambassadeur chinois Chenggang Li, qui coordonne également les discussions sur la pollution par les plastiques, ont affirmé que l’OMC avait un rôle à jouer dans la résolution de ce problème.

« Le plastique est une matière première fondamentale, mais les déperditions de plastique dans la nature polluent et causent des dommages environnementaux », a déploré l’ambassadeur chinois, en expliquant que cette pollution représente « un défi mondial, qui nécessite une coopération mondiale ».

Lors d’une autre conférence de presse, la ministre islandaise des Affaires étrangères, Thordís Kolbrún Gylfadottir, a, elle, dénoncé le fait que les subventions mondiales accordées aux combustibles fossiles dépassent celles accordées aux énergies renouvelables.

« Cela devrait être un signal d’alarme pour nous tous », a-t-elle jugé.

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