Moderna s’installera au Canada

Moderna a été fondée il y a 11 ans pour rechercher et produire de l’ARN messager, ou ARNm, des vaccins et des produits thérapeutiques. Son vaccin contre la COVID-19 est son premier produit autorisé pour une utilisation généralisée.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne Moderna a été fondée il y a 11 ans pour rechercher et produire de l’ARN messager, ou ARNm, des vaccins et des produits thérapeutiques. Son vaccin contre la COVID-19 est son premier produit autorisé pour une utilisation généralisée.

Le gouvernement fédéral s’est entendu avec le fabricant américain de vaccins Moderna, qui promet de s’installer au Canada d’ici 2024. L’accord donnera lieu à la construction d’une usine de production de vaccins à ARN messager (ARNm) et d’un centre de recherche.

L’objectif est de placer le pays comme « chef de file mondial » en biofabrication, a affirmé le ministre fédéral de l’Innovation, François-Philippe Champagne, lors de l’annonce. En investissant plus de 2,2 milliards de dollars, Ottawa veut un « établissement à la fine pointe de la technologie […] qui pourra nous assister en cas de pandémie, et permettre au Canada de jouer un rôle dans la santé mondiale », dit-il.

Le Canada est le premier pays à signer une telle entente avec Moderna.

L’usine de la compagnie pharmaceutique devrait être prête en 2024, mais son lieu de construction n’a pas encore été déterminé. Quelque 30 millions de doses de vaccin y seront produites chaque année.

« Pendant la pandémie, après 40 ans de déclin du secteur de la biofabrication, le Canada n’était pas en mesure de produire des vaccins, et ce, rapidement », a souligné le ministre Champagne. À ce jour, le Canada reste entièrement dépendant des vaccins importés pour lutter contre la COVID-19.

Pendant la pandémie, après 40 ans de déclin du secteur de la bio-fabrication, le Canada n’était pas en mesure de produire des vaccins, et ce, rapidement.

Ses objectifs sont clairs, dit-il : « veiller à ce que le Canada soit prêt à faire face aux futures crises de santé publique », « favoriser le développement d’un secteur national des sciences de la vie » et « développer la recherche en science et innovation chez nous, au Canada ».

Et bien que plus de 80 % des Canadiens aient déjà reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, le ministre a insisté sur la nécessité de tels investissements « pour les générations à venir ». « Nous n’avons pas choisi le temps de la pandémie, et c’est bien évident que nous ne choisirons pas non plus le temps de la prochaine. Mais il y a une chose que nous pouvons choisir, c’est d’être mieux préparés. »

La technologie de l’ARN messager, très « flexible », ne s’applique pas seulement à la lutte contre la COVID-19, explique le président-directeur général de Moderna, Stéphane Bancel. La compagnie pharmaceutique développe en ce moment des vaccins contre la grippe, des maladies respiratoires, des cancers et des maladies génétiques rares.

L’ARNm permet d’utiliser les « mêmes matériaux, les mêmes techniciens et les mêmes matières premières » dans la production de vaccins, note-t-il. « Une semaine, on va travailler sur un vaccin contre la COVID-19 ; l’autre, sur les maladies génétiques rares ; et une autre, sur un cancer », ajoute le dirigeant de l’entreprise.

 

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