Google visé par plusieurs États américains pour «monopole illégal»

La maison mère de Google a réalisé 55,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2021, majoritairement grâce à la publicité en ligne.
Photo: Timothy A. Clary Agence France-Presse La maison mère de Google a réalisé 55,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2021, majoritairement grâce à la publicité en ligne.

Nouvel épisode dans la lutte contre la domination des géants de la technologie : des dizaines d’États américains ont intenté mercredi un procès à Google, déjà attaqué dans plusieurs pays sur le front du droit de la concurrence, l’accusant d’avoir créé un « monopole illégal » dans l’accès aux applications mobiles via sa boutique en ligne Play Store.

« Nous intentons ce procès pour mettre fin au monopole illégal de Google et enfin donner voix au chapitre à des millions de consommateurs et d’entrepreneurs », a déclaré mercredi la procureure générale de New York, Letitia James, une des figures de proue de cette démarche.

Selon elle, « Google étouffe des millions de petites entreprises qui essayent juste de rivaliser ». « Cette société a fait en sorte que des centaines de millions de consommateurs se tournent vers Google, et Google seul, pour l’accès aux millions d’applications qu’ils pourraient vouloir télécharger sur leurs téléphones et tablettes. »

L’action en justice est soutenue par 37 procureurs généraux américains. Elle accuse Google d’employer des méthodes anticoncurrentielles pour décourager la distribution d’applications par d’autres voies que son Play Store, qui est pré-installé sur tous les téléphones intelligents Android et où Google perçoit des commissions sur les transactions.

Google, dont la maison mère a réalisé 55,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2021, majoritairement grâce à la publicité en ligne, est accusé de s’imposer comme « entremetteur » entre les développeurs d’applications et les consommateurs, contraints de payer plus en l’absence de concurrence. Une accusation que réfute le directeur des politiques publiques de l’entreprise, Wilson White : « Android et Google Play assurent une ouverture et un choix que d’autres plateformes n’ont simplement pas. »

Apple a lui aussi été accusé

Apple a lui aussi été accusé d’abus de position dominante avec des arguments similaires pour sa boutique d’applications, l’incontournable App Store.

Un cas emblématique est le très médiatique procès qui l’oppose à Epic Games, l’éditeur du jeu Fortnite, et pour lequel une décision est attendue prochainement. Epic Games accuse Apple d’abuser de sa position dominante avec l’App Store, seule porte d’entrée des applications et autres contenus vers les iPhone et iPad. Selon l’avocate d’Epic Games, la boutique en ligne d’Apple fonctionne comme un « jardin emmuré » (« walled garden »), une métaphore dénonçant un système dans lequel des géants de la technologie peuvent fixer leurs règles, privilégier leurs propres produits, attirer et piéger les utilisateurs et les développeurs.

Les utilisateurs de téléphones Android peuvent, eux, théoriquement télécharger des applications par d’autres moyens que le Play Store, mais la procureure générale de New York reproche à Google la mise en place de « barrières qui découragent » cette pratique.

Google aurait également réussi à dissuader des entreprises comme Samsung de développer des plateformes concurrentes du Play Store, selon l’accusation.

Selon des chiffres du cabinet américain Sensor Tower publiés fin juin, 41,5 milliards de dollars ont été dépensés sur l’App Store d’Apple et 23,4 milliards de dollars sur Google Play entre janvier et juin, soit une hausse de 25 % sur un an.

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