Les séries, une autre pierre à l’édifice de la relance

Tant les commerces vendant chandails, t-shirts ou casquettes, que les bars et les restaurants espèrent profiter de l’afflux des fans du Canadien à Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Tant les commerces vendant chandails, t-shirts ou casquettes, que les bars et les restaurants espèrent profiter de l’afflux des fans du Canadien à Montréal.

L’accession des Canadiens de Montréal à la finale de la Coupe Stanley permettra à de nombreux commerçants, de même qu’à l’organisation sportive, de continuer de renflouer leurs coffres après une année difficile.

Il y avait une file d’attente jeudi soir devant le magasin Sports Crescent, dans le centre-ville de Montréal, selon le gérant du magasin, Santana Enrique. Les clients espéraient mettre la main sur un chandail, un t-shirt ou une casquette à l’effigie de l’équipe de hockey locale. « Les 30 derniers jours nous ont permis d’oublier 16 mois de déficit à cause de la pandémie », a commenté M. Enrique, qui se rappelle de sombres journées sans clients.

Un peu plus à l’est, le resto-bar sportif La Cage était plein, dans le respect des règles sanitaires, comme tous les soirs de match depuis la réouverture des restaurants à Montréal, selon Marc Pelletier, vice-président aux communications du Groupe Sportscène. « Les Canadiens en séries, ça fait une énorme différence, a dit M. Pelletier. On voit un engouement non seulement près du Centre Bell, mais partout dans la province en ce moment, autant en salle à manger que pour nos commandes pour emporter, que l’on continue de maintenir. »

« Le premier match de la finale devrait être lundi, qui est habituellement une journée peu occupée, alors ça va nous aider beaucoup », a ajouté celui qui espère une victoire des Canadiens en 6 matchs.

Des touristes au centre-ville ?

Il s’agit d’une occasion parfaite pour relancer le centre-ville, selon le directeur général de l’organisme de développement commercial Montréal Centre-Ville. Selon Glenn Castanheira, les succès des Canadiens attirent des touristes du Québec et même d’autres provinces, puisque Montréal est la seule équipe canadienne toujours dans la course vers la Coupe Stanley.

Les Canadiens en séries, ça fait une énorme différence

 

« Même si certains n’avaient pas de billets pour le Centre Bell, ils étaient ici pour vivre la fièvre du hockey. C’est une bonne fièvre et on est content de la propager », a déclaré M. Castanheira. Beaucoup de commerçants ont par ailleurs été rassurés du fait que le grabuge de jeudi soir ne semble pas avoir endommagé de propriétés privées.

Dans d’autres quartiers de la ville,des bars et restaurants ont aussiattribué le fort achalandage à leur retransmission des matchs en direct.

Le Canadien, véritable gagnant

S’il apparaît clair que des commerces montréalais profiteront à court terme des exploits sportifs de l’équipe locale, peut-on en dire autant de l’économie québécoise ou même montréalaise dans son ensemble ? Non, estime Moshe Lander, professeur de l’économie des sports à l’Université Concordia.

« L’impact économique de presque toutes les équipes sportives est assez faible. Oui, les gens vont dépenser davantage dans les bars sportifs ou pour un nouveau chandail des Canadiens, mais ils vont faire ça au lieu d’aller dans un restaurant de sushi ou dans une autre boutique de vêtements. Leur budget global alloué aux loisirs n’est pas plus élevé, donc ils vont couper ailleurs », a expliqué M. Lander.

Par ailleurs, il ne croit pas que le nombre de partisans provenant de l’extérieur du Québec laisse présager un afflux significatif de touristes, surtout en temps de pandémie.

Par contre, il existe un autre grand gagnant sur le plan financier : l’organisation des Canadiens de Montréal. Depuis le début de la pandémie, toutes les équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont perdu beaucoup d’argent en raison de l’arrêt de la vente de billets pendant des mois. Or, chaque partie présentée à domicile pendant les séries éliminatoires permet maintenant de se rattraper un peu, estime M. Lander, et ce, malgré les restrictions sanitaires au Centre Bell. Cela représente des millions de dollars, d’après l’économiste.

Le profit de l’entreprise est d’autant plus grand que l’équipe n’a pas à payer les joueurs pendant les séries. C’est la LNH qui s’en occupe, selon une entente réalisée avec l’association des joueurs. Ces derniers obtiennent un chèque de milliers de dollars supplémentaires en fonction du niveau qu’ils atteignent dans les séries.

Un autre bénéfice important à long terme : de telles victoires après des années de vaches maigres attireront une nouvelle génération de partisans. « Les jeunes d’aujourd’hui, qui n’ont pas connu le défilé de la victoire d’il y a presque 30 ans, n’étaient plus tellement passionnés par les Canadiens. Mais quand on gagne, ça fait changer les choses », a indiqué M. Lander.

Parions qu’en 2022, les Canadiens n’auront aucun mal à remplir le Centre Bell, même s’ils haussent les prix des billets.

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