Le bitcoin remonte après être tombé sous les 30 000 $US

La très volatile cryptomonnaie reste en hausse de 2,2% depuis le début de l’année, mais plonge de 54% par rapport à son sommet historique de 64 870 $.
Photo: Vincent Yu Associated Press La très volatile cryptomonnaie reste en hausse de 2,2% depuis le début de l’année, mais plonge de 54% par rapport à son sommet historique de 64 870 $.

Le bitcoin faisait les montagnes russes mardi : après être passée sous les 30 000 $US pour la première fois depuis fin janvier, lestée par les efforts chinois pour réguler ce marché décentralisé, la cryptomonnaie avait remonté en fin de journée.

Vers 20 h 35 GMT, le bitcoin s’échangeait pour 32 674 $US (+0,17 %), après avoir touché son plus bas depuis cinq mois à 29 334 $US vers 12 h 45 GMT.

La très volatile cryptomonnaie reste en hausse de plus de 12 % depuis le début de l’année, mais est très loin de son plus haut historique, atteint mi-avril, à 64 870 $US.

« Les inquiétudes sur le serrage de vis du gouvernement chinois et la peur que l’acceptation du bitcoin et des autres cryptomonnaies soit retardée par leur impact environnemental pèsent sur le marché », a déclaré Fawad Razaqzada, analyste chez ThinkMarkets.

Le gouvernement chinois mène une campagne active pour freiner l’industrie des mines de bitcoin, comme ce marché appelle les ordinateurs qui font fonctionner la cryptomonnaie décentralisée en validant les transactions et en créant de nouveaux bitcoins.

Selon d’anciens producteurs de cryptomonnaie, les fournisseurs d’énergie de la province du Sichuan ont reçu l’ordre de cesser de fournir de l’électricité à ces entreprises avant dimanche. « Cette position est un nouveau coup dur pour le marché », estime l’analyste spécialisé Timo Emden, qui juge que « l’importance de la Chine pour l’industrie est désormais susceptible de diminuer rapidement ».

Un intérêt sans cesse grandissant

La première cryptomonnaie avait pourtant commencé l’année sur les chapeaux de roues : créé en 2008 par un anonyme caché derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto pour contrer les abus de la finance après la crise financière, le bitcoin a depuis séduit de plus en plus d’investisseurs institutionnels.

Depuis fin 2020, des plateformes de paiement comme PayPal aux banques de Wall Street, en passant par des groupes industriels comme le constructeur de véhicules électriques Tesla, tout le monde s’intéressait au bitcoin. Certains investisseurs individuels voyaient également dans la cryptomonnaie un bon moyen de placer une partie de leurs économies accumulées pendant la pandémie.

Résultat : le marché des cryptomonnaies, où le bitcoin reste encore de loin le plus gros actif, avait gonflé jusqu’à atteindre près de 2500 milliards $US à la mi-mai.

Mais depuis, outre le durcissement du ton en Chine, le bitcoin souffre de critiques sur l’utilisation importante d’électricité de son réseau.

Le fantasque multimilliardaire Elon Musk, qui chante régulièrement les louanges des cryptomonnaies et qui avait investi une partie de la trésorerie de son groupe Tesla en bitcoins, a annoncé que ses voitures électriques ne pourront plus être achetées en cryptomonnaies tant que l’industrie ne se tournera pas plus vers les énergies renouvelables, moins de deux mois après avoir dit les accepter comme moyen de paiement.

Les régulateurs se méfient

Le bitcoin renoue avec la volatilité qui l’avait rendu célèbre : en 2017, il avait commencé l’année à moins de 1000 $ avant de frôler les 20 000 $US en décembre, pour mieux s’écraser en 2018 jusqu’à moins de 4000 $US.

Cette volatilité, ainsi que la décentralisation qui rend difficile la régulation des échanges, pousse les régulateurs à s’inquiéter de l’intérêt du public pour la cryptomonnaie. Aux États-Unis comme en Europe, ils appellent les investisseurs à la prudence, leur rappelant qu’ils risquent de perdre tout leur argent en investissant dans les cryptomonnaies. « Les banques centrales réfléchissent aussi à l’idée d’émettre leurs propres monnaies numériques, ce qui ferait rentrer les cryptomonnaies dans le rang », indique Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

D’autres pays se montrent cependant plus positifs vis-à-vis des cryptomonnaies : le Salvador a pris le monde par surprise en adoptant le bitcoin comme devise officielle, même si, en pratique, de nombreuses questions restent ouvertes sur l’applicabilité de la mesure.

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