La délocalisation d’emplois en télécoms dénoncée

64% des 78 100 employés de Telus travaillent à l’étranger, contre 35% en 2014, selon le plus récent rapport annuel de l’entreprise.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne 64% des 78 100 employés de Telus travaillent à l’étranger, contre 35% en 2014, selon le plus récent rapport annuel de l’entreprise.

Exaspérés par la délocalisation à l’extérieur du pays d’emplois dans le secteur des télécommunications, les grands syndicats concurrents Unifor et le SCFP ont lancé ensemble vendredi une campagne pour demander au gouvernement fédéral de s’attaquer à cette pratique.

« Il est temps que ça cesse, qu’on donne de l’argent à tour de bras aux entreprises qui disent “on veut investir, on veut investir”. Elles reçoivent l’argent d’une main et coupent les emplois de l’autre », a déclaré Renaud Gagné, le directeur québécois d’Unifor. Et des subventions, les Bell, Telus, Rogers, Shaw et Vidéotron en ont reçu pour pas moins de 7,5 milliards de la part des gouvernements du Canada et du Québec pour la période 2015-2027, selon une compilation de la nouvelle Coalition syndicale.

Les syndicats réclament qu’Ottawa oblige toute entreprise à prouver qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre avant de transférer des emplois hors du pays. Ils réitèrent aussi leur demande de longue date que le gouvernement fédéral modernise le Code canadien du travail pour y inclure des dispositions anti-briseurs de grève.

Bell, explique M. Gagné, a fait passer en quatre ans son nombre de techniciens au pays de 4000 à 3500 et veut se départir de 500 autres d’entre eux. Le nombre d’employés du service à la clientèle est pour sa part passé de 12 000 à 5000.

Pas plus tard que jeudi, le SCFP révélait que Telus venait d’offrir des primes de départ volontaire à 1100 employés. Le plus récent rapport annuel de l’entreprise révèle d’ailleurs que 64 % des 78 100 employés de l’entreprise travaillent à l’étranger, contre 35 % en 2014.

Le groupe a donc pris la route en matinée depuis Montréal vers Shawinigan, où se trouve le bureau de circonscription du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François Philippe-Champagne. L’objectif : lui remettre un billet d’avion symbolique « au nom de tous les titres d’emploi qui […] s’envolent vers d’autres cieux », une affiche géante indiquant que le vol est exploité par « Air Libéral ».

Une rencontre de travail a eu lieu entre l’équipe de M. Champagne et les chefs syndicaux. Les échanges ont été constructifs et le ton était bon, a raconté le SCFP.

Le ministre Champagne a décliné une demande d’entrevue en raison de son horaire, selon son cabinet.

À voir en vidéo