Le syndicat d’Exceldor n’accepte pas l’arbitrage «pour l’instant»

Un million de poulets ont dû être euthanasiés en trois semaines.
Photo: Getty Images Un million de poulets ont dû être euthanasiés en trois semaines.

Le syndicat des TUAC n’accepte pas « pour l’instant » l’offre d’arbitrage du ministère du Travail dans le conflit qui existe chez Exceldor. Il préfère miser sur la conciliation entre les parties.

La grève a beaucoup fait parler d’elle, ces derniers jours, parce qu’elle a provoqué l’euthanasie d’un million de poulets en trois semaines, donc du gaspillage alimentaire.

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, a offert aux parties de nommer un arbitre pour régler le litige. Mais la nomination d’un tel arbitre doit être acceptée par les deux parties et faire l’objet d’une demande conjointe.

Mardi soir, la direction d’Exceldor a annoncé en direct à la télévision qu’elle acceptait cette offre d’arbitrage. « On accueille favorablement » l’offre d’arbitrage. Le conflit « a assez duré ; il faut qu’on arrête ce gaspillage-là », a lancé Joël Cormier, vice-président principal de la Division poulet chez Exceldor, en entrevue à ICI RDI mardi soir.

Joint mercredi, le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, affilié à la FTQ, a répliqué qu’il n’acceptait pas cette offre d’arbitrage « pour l’instant ». « Nous, on préfère faire confiance à la conciliation. C’est toujours mieux d’avoir un règlement négocié que de voir un arbitre imposer une convention collective au travail », a indiqué Roxane Larouche, porte-parole des TUAC, en entrevue avec La Presse canadienne.

« Si on est dans une situation où l’arbitre impose la convention collective, le nœud du problème ne sera pas réglé. Les problèmes qu’on vit aujourd’hui et les raisons pour lesquelles les travailleurs sont en grève vont tout simplement être déplacés » dans le temps, a-t-elle fait remarquer.

Elle affirme que les syndiqués veulent « donner toute la chance » à la conciliation qui est déjà amorcée. Une rencontre de conciliation est d’ailleurs prévue jeudi et vendredi. Mme Larouche soutient que les pourparlers en conciliation avançaient « lentement », mais avançaient.

M. Cormier, quant à lui, affirme le contraire. « On fait du surplace. »

Mme Larouche se demande, cependant, si l’employeur va venir à la rencontre de conciliation jeudi en voulant réellement faire des compromis et négocier, maintenant qu’il a accepté de remettre le litige entre les mains d’un arbitre.

Les points en litige

D’importants écarts opposent les parties, entre autres sur les salaires et les conditions dans lesquelles le travail est exercé. Selon les dernières discussions, l’employeur offrait 22 $ l’heure et le syndicat demandait 25 $ l’heure.

Mme Larouche rapporte aussi « un climat de travail toxique » depuis plusieurs années, « beaucoup de tensions ». « Le travail en abattoir est un travail debout, coude à coude, avec des effluves pas toujours agréables, en milieu humide. » Les travailleurs ont atteint « un point de non-retour » et tiennent à ce que les parties abordent les problèmes de fond, rapporte-t-elle.

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