Objectif iPhone pour la «start-up» montréalaise Boréas Technologies

Que ce soit à bord de la voiture ou à l’écran de sa montre connectée, les surfaces tactiles sont présentes dans de nombreux appareils grand public.
Photo: Boréas Technologies Que ce soit à bord de la voiture ou à l’écran de sa montre connectée, les surfaces tactiles sont présentes dans de nombreux appareils grand public.

Une des obsessions des designers d’Apple depuis la mise en marché du premier iPhone est d’en faire disparaître les touches mécaniques. Le géant de Cupertino tarde à y parvenir, mais la jeune pousse montréalaise Boréas Technologies a trouvé le moyen de le faire. Elle dévoilera d’ailleurs cette semaine sa solution qui vise à révolutionner l’électronique, de la téléphonie à l’automobile.

La technologie appelée NexusTouch combine deux caractéristiques qui n’ont jamais été jumelées avec succès jusqu’ici : un capteur tactile capable de distinguer un glissement du doigt, un tapotement ou une pression longue, et un émetteur « haptique », qui produit une sensation de déclic ou de vibration comme celle d’une touche de clavier.

Ce composant résout un casse-tête qui embête depuis dix ans les grands fabricants de produits électroniques, d’Apple à Samsung en passant par Google. Il se vend 1,5 milliard de téléphones par an. Le marché potentiel pour Boréas est énorme.

« Notre composant irait surtout dans des appareils haut de gamme, qui représentent un peu moins du tiers de ce marché, mais ce qu’on souhaite pour débuter, c’est de l’installer dans un ou deux produits qui seraient mis en marché d’ici l’an prochain et qui pourraient s’écouler à quelques millions d’exemplaires », affirme Simon Chaput, le p.-d.g. de Boréas.

Et ça, c’est seulement du côté de la téléphonie. Que ce soit à bord de la voiture ou à l’écran de sa montre connectée, les surfaces tactiles sont présentes dans de nombreux appareils grand public. Boréas a déjà en poche un partenariat avec des équipementiers comme le japonais TDK pour assurer sa distribution partout dans le monde.

Chaque année, les fabricants de téléphones améliorent leur processeur, leur affichage et leur appareil photo. La façon d’interagir avec l’appareil, elle, a très peu changé depuis l’apparition du premier iPhone, qui a provoqué la disparition des appareils dotés d’un clavier, comme le défunt BlackBerry.

Quand tous les produits partagent la même forme, la fonction devient le principal différenciateur. C’est là que Boréas espère prendre l’avantage. La prise de photo illustre le potentiel de sa technologie. Il suffirait de glisser le doigt sur la surface supérieure de l’appareil pour activer le zoom de la caméra, de presser légèrement du bout du doigt pour faire la mise au point ou d’appuyer plus fort pour déclencher l’obturateur.

« Nous rendons les parois de l’appareil plus interactives. Elles peuvent être adaptées selon les applications. Dans le jeu vidéo, on peut reproduire l’action des gâchettes des contrôleurs directement sur le boîtier du téléphone. Ça ouvre beaucoup de possibilités en matière d’interaction », croit Simon Chaput.

Boréas est en phase avec l’évolution du marché du sans-fil depuis des années, mais n’est pas seule. Les assistants vocaux, entre autres, sont également omniprésents. Il reste à voir quelle technologie saura venir à bout du dernier vestige mécanique encore présent sur les téléphones modernes : les boutons.

Dans une version précédente de ce texte, Simon Chaput, le p.-d.g. de Boréas, était désigné sous le nom de Simon Chabot.

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