Lion Électrique construira une usine de véhicules en Illinois

L'usine de Saint-Jérôme de l’entreprise Lion, spécialisée dans la production d’autobus et de camions électriques.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir L'usine de Saint-Jérôme de l’entreprise Lion, spécialisée dans la production d’autobus et de camions électriques.

La Compagnie Électrique Lion a annoncé vendredi la construction d’une usine de fabrication des véhicules électriques à Joliet, en banlieue de la ville de Chicago, Illinois. Depuis plusieurs mois déjà, le constructeur de Saint-Jérôme faisait miroiter l’installation d’une usine aux États-Unis pour accroître sa capacité de production, mais le lieu précis n’avait pas encore été dévoilé. Depuis vendredi également, les actions de la compagnie se négocient désormais sous le sigle « LEV » à la Bourse de New York (« NYSE ») et à la Bourse de Toronto (« TSX »).

Selon l’entreprise Lion, spécialisée dans la production d’autobus et de camions électriques, sa nouvelle usine en Illinois représentera « le plus grand site de production spécialisé dans la fabrication de véhicules moyens et lourds zéro émission aux États-Unis, ainsi que la plus importante présence de Lion dans ce marché », est-il indiqué par voie de communiqué.

Dans le cadre de son entente avec le gouvernement de l’Illinois, Lion s’est engagée à faire un investissement initial d’au moins 70 millions de dollars américains (soit un peu plus de 85 millions de dollars canadiens) sur une période de trois ans.

Grâce à cette nouvelle usine, d’une capacité de production annuelle allant jusqu’à 20 000 véhicules électriques, l’entreprise prévoit créer au moins 745 emplois directs dans la région au cours des trois prochaines années. Les premiers véhicules devraient sortir de la chaîne de production dès le second semestre de l’année 2022, annonce la compagnie.

Un choix incontournable

En tenant compte de la Buy American Act et des dispositions Buy America, l’entreprise québécoise n’avait pas d’autres choix que d’étendre sa production aux États-Unis pour continuer de prendre de l’envergure sur le marché nord-américain, indique son P.-D.G. et fondateur, Marc Bédard, en entrevue avec Le Devoir. « Ce qu’on veut, c’est que le Québec en sorte gagnant et que les États-Unis aussi. »

Il faut dire que Lion profite d’un environnement réglementaire favorable aux États-Unis sous l’administration de Joe Biden, qui veut favoriser le développement de l’industrie des véhicules électriques.

Après avoir envisagé différents États pour l’installation de son usine américaine, l’entreprise a finalement choisi le site de Joliet plutôt qu’un autre pour plusieurs raisons. « Une des choses qui a pesé beaucoup dans la balance, ce sont les politiques de l’État par rapport à la lutte aux changements climatiques, explique le fondateur de Lion. Elles nous ont été très bien expliquées par le bureau du gouverneur et le gouverneur lui-même. L’État de l’Illinois devient un État très vert. »

La localisation « centrale » et « la belle histoire au niveau de l’industrie manufacturière » en Illinois ont également été des éléments qui ont joué en faveur de l’État, indique M. Bédard. « Il y a aussi beaucoup de belles universités, il y a un bassin d’ingénieurs de très bon niveau. »

Entrée en Bourse et défis

Après que Lion a annoncé son intention de se lancer à la bourse à l’automne dernier, les actions de la compagnie s’échangent, depuis vendredi, sous le symbole « LEV » aux bourses de New York (« NYSE ») et de Toronto (« TSX »). Sa transition du statut d’entreprise privée vers celui d’entreprise publique s’est fait par la fusion avec Northern Genesis Acquisition (NGA), une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC), qui a été approuvée le 23 avril dernier. Vendredi, l’action de la nouvelle entité a clôturé à 17,76 dollars américains.

 

Le P.-D.G. se félicite par ailleurs de la confiance qui a été témoignée à l’entreprise au fil des derniers mois. « Les investisseurs ont confiance, les clients, les gouvernements aussi – que ce soit à Québec, à Ottawa ou aux États-Unis. Autant avec le gouvernement de l’Illinois qu’à

Il n’y aura pas un seul gagnant. Il y a de la place pour plusieurs entreprises. Et Lion est en train de se positionner parmi les grands gagnants 

la Maison-Blanche, on a de merveilleux liens. »

Mais l’entreprise, qui ne manque pas d’ambition, devra toutefois faire face à une féroce compétition dans un marché en pleine ébullition. Certaines entreprises aux reins solides, comme Tesla ou Volvo, entrent aussi dans le secteur du véhicule lourd électrique.

Toutefois, le marché est en tel développement et la demande est si forte, qu’« il n’y aura pas un seul gagnant, croit M. Bédard. Il y a de la place pour plusieurs entreprises. Et Lion est en train de se positionner parmi les grands gagnants », estime-t-il.

Pour célébrer son entrée en Bourse vendredi, l’équipe de Lion a sonné la cloche de fermeture de la séance de la NYSE à 16 h. Lundi, l’équipe répétera l’exercice, mais cette fois-ci pour l’ouverture de la séance du TSX à 9 h 30.

La valeur boursière initiale de la nouvelle entité, née de la fusion entre Lion et NGA, est évaluée à environ 1,9 milliard de dollars américains (soit 2,5 milliards de dollars canadiens). Lion compte près de 400 véhicules sur les routes d’Amérique du Nord et prévoit en livrer 650 cette année.

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