Un petit baume sur le coeur des cabanes à sucre

L’avenir de plusieurs cabanes à sucre demeure encore incertain.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’avenir de plusieurs cabanes à sucre demeure encore incertain.

Environ 500 000 repas ont été consommés dans 110 000 boîtes pour emporter de la campagne Ma cabane à la maison, ce printemps, selon le bilan publié jeudi. Plusieurs cabanes à sucre estiment que cette vague d’amour leur permet d’éviter de mettre la clé sous la porte, bien qu’elle ne compense pas la fermeture des salles à manger.

« Le projet a permis de nous sauver cette année. On était parmi celles qui se disaient “ça passe ou ça casse” », affirme la copropriétaire de l’Érablière St-Germain, en Outaouais, Véronique Lortie-Bourgeois.

Son conjoint et elle sont des passionnés de cuisine. Ils ont acheté et ouvert leur commerce à un bien mauvais moment, à peine un mois avant le début de la pandémie. Ils n’ont donc jamais pu faire un chiffre d’affaires « normal ».

110 000
C’est le nombre de boîtes pour emporter de la campagne Ma cabane à la maison qui ont été commandées ce printemps.

En 2020, les entrepreneurs ont tout de suite offert des repas pour emporter, une solution qui a entraîné un succès commercial mitigé. La machine marketing et logistique de Ma cabane à la maison leur a permis de quadrupler leurs ventes, de se bâtir une clientèle et de « penser à l’année prochaine ». L’Érablière St-Germain fait partie de la vingtaine de cabanes qui vont continuer de vendre des boîtes repas par le site Web Ma cabane à la maison.

Selon l’instigatrice de la campagne, Stéphanie Laurin, du Chalet des érables, à Sainte-Anne-des-Plaines, cette formule a été plus bénéfique pour les petites cabanes à sucre que pour celles qui remplissent normalement des salles de plusieurs centaines de personnes. Mais elle a permis à toutes de garder la tête hors de l’eau.

Pour sa part, la cabane de Mme Laurin sert habituellement 80 000 repas dans le temps des sucres, alors qu’elle en a fourni cette année 20 000. « On a eu des week-ends où on n’a pas beaucoup dormi. Je me souviens d’avoir fait de la soupe aux pois à 2 h le matin, raconte-t-elle. On était contents de travailler. On a senti une frénésie qui nous motive à poursuivre nos activités. »

Une ambiance différente

À la cabane à sucre La Grillade, à Granby, il y a normalement une ambiance festive, avec de grandes familles, des chevaux et de la tire sur la neige. « Quand on nous a proposé de mettre ça dans une boîte, on se demandait comment on ferait ça », rapporte le propriétaire, Pierre Gingras. Selon lui, des contributions, comme le spectacle musical en ligne, regardé par 21 000 foyers, ont contribué à créer une expérience appréciée des clients.

Eux aussi ont servi environ le quart des repas d’une année régulière. « Ça nous a empêchés de fermer. Il faut dire que je n’avais pas eu de revenus depuis mars 2020, souligne-t-il. Je remercie tous les Québécois qui nous ont encouragés. »

« Certains nous ont dit qu’ils ont commandé nos boîtes et qu’ils ont adoré ça, même s’ils ne venaient plus à la cabane depuis des années, parce qu’ils trouvent qu’il y a trop de monde, ajoute-t-il. Donc, ça a comblé un besoin. Même si on rouvre en présentiel, on va continuer les prochaines années d’offrir l’option pour emporter. »

L’avenir des cabanes à sucre demeure tout de même incertain. Un grand nombre d’entre elles sont profitables grâce à l’accueil d’événements dans leurs salles de réception le reste de l’année. Or, il n’y a pas encore de réouverture en vue pour celles-ci.

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