L’investissement responsable, plus rentable qu’on ne le croit

le «mythe» que ce type d’investissement est moins rentable continue de gagner du terrain année après année, selon Desjardins.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir le «mythe» que ce type d’investissement est moins rentable continue de gagner du terrain année après année, selon Desjardins.

Plus d’un Canadien sur quatre pense que le rendement de l’investissement responsable est inférieur à celui de l’investissement traditionnel, révèle un nouveau sondage commandé par Desjardins. Or, cette croyance est erronée, selon des données de l’Association pour l’investissement responsable (AIR).

« C’est un mythe qui ne résiste pas au test de la réalité. On n’a pas à choisir entre ses valeurs et le rendement », estime Marie-Justine Labelle, leader de pratique en investissement responsable chez Desjardins Société de placement. Et pour cause, l’AIR évalue que, pour les principales classes d’actifs, le rendement moyen des fonds dits « responsables » est égal ou supérieur au rendement moyen de l’ensemble des fonds de chaque classe.

 

Mais qu’entend-on par « investissement responsable » déjà ? Il s’agit de l’investissement qui « consiste à prendre en compte des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le cadre d’un processus de sélection de titres et de répartition d’actif », détaillait Desjardins dans une récente étude.

Autre preuve que ce type d’investissement n’est pas moins intéressant que celui dit traditionnel — bien au contraire : il a mieux résisté à la crise, comparé à l’ensemble du marché, selon des données de JPMorgan Chase.

La banque américaine estime que « dans un avenir post-COVID, les facteurs ESG seront de plus en plus pertinents pour l’analyse des investissements » et rappelle que « les entreprises avec de très bons profils ESG ont tendance à être plus compétitives, plus rentables et à mieux contrôler les risques, générant de solides rendements ».

Malgré tout, le « mythe » que ce type d’investissement est moins rentable continue de gagner du terrain année après année, selon Desjardins. En 2020, la part des Canadiens qui pensaient cela était de 28 %, alors qu’elle était de 24 % en 2018 et de 16 % en 2016.

Mais… de plus en plus populaire

Tandis que la croyance que l’investissement durable est moins rentable persiste, sa popularité est de plus en plus grande. Selon l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC), les fonds communs et les fonds négociés en Bourse qui intègrent les critères ESG représentaient 20,1 milliards d’actifs au Canada en date du 31 décembre 2020. Il s’agit d’une hausse de 55 % par rapport à l’année précédente.

Et qui sont les plus friands de ce type d’investissement ? « Les répondants les plus convaincus ou sensibilisés, en ce qui a trait à l’investissement responsable, se retrouvent en plus grande proportion chez les moins de 40 ans, les femmes et les diplômés universitaires », souligne Mme Labelle.

« Ce qu’on a remarqué aussi, dans le sondage, c’est qu’il y avait beaucoup de gens qui n’avaient jamais entendu parler d’investissement responsable ; mais ils étaient aussi très nombreux à s’y intéresser. C’est pour ça que, chez Desjardins, on forme nos conseillers pour qu’ils puissent aiguiller et informer les clients par rapport à ce type de produits », explique Mme Labelle.

Le sondage a été réalisé par la firme SOM pour le compte de Desjardins du 25 novembre au 14 décembre 2020 auprès de 2860 Canadiens. 

Les résultats de cette enquête varient selon les provinces. Dans l’ensemble du Canada, 28 % des personnes interrogées pensaient que l’investissement responsable générait des rendements inférieurs. Au Québec, ce taux tombait à 22 %, tandis qu’il grimpait à 30 % en Ontario et culminait à 33 % en Alberta et en Colombie-Britannique.

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