La Caisse réévalue à la baisse la valeur de son placement dans Ciment McInnis

En date du 31 décembre dernier, l’évaluation de l’investissement de la CDPQ dans Ciment McInnis oscillait entre 50 et 100 millions de dollars
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir En date du 31 décembre dernier, l’évaluation de l’investissement de la CDPQ dans Ciment McInnis oscillait entre 50 et 100 millions de dollars

La cimenterie gaspésienne de Port-Daniel n’a pas seulement fait perdre plusieurs centaines de millions aux contribuables québécois, elle a également contraint la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à abaisser significativement la valeur de son placement dans ce complexe marqué par d’importants dépassements de coûts.

En date du 31 décembre dernier, l’évaluation de l’investissement de la CDPQ dans Ciment McInnis oscillait entre 50 et 100 millions de dollars. Il s’agit d’une importante variation comparativement à la fourchette de 300 à 500 millions établie un an plus tôt.

427 millions
C’est la perte, pour l’État québécois, que devrait générer la formation d’une coentreprise entre la Caisse de dépôt et le conglomérat Votorantim Cimentos dans le projet de la cimenterie gaspésienne de Port-Daniel.

« C’est un investissement dans une usine qui avait sa part de défis », a concédé le porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon. Il a toutefois fait valoir que la donne avait changé, en référence à la transaction avec le géant brésilien Votorantim Cimentos annoncée en décembre.

« Aujourd’hui, nous sommes dans une coentreprise avec un acteur stratégique qui contribue avec des actifs profitables, [ce qui amène] un potentiel de création de valeur pour notre investissement », a soutenu M. Chagnon. « Tant et aussi longtemps » que la CDPQ conserve sa participation, « on ne peut conclure à quelque rendement ou perte matérialisée que ce soit », a-t-il ajouté.

C’est un investissement dans une usine qui avait sa part de défis

 

Inauguré en 2017, le complexe gaspésien d’environ 200 employés est sur le point de se retrouver officiellement dans une coentreprise regroupant les actifs nord-américains du conglomérat Votorantim Cimentos. Elle sera contrôlée à 83 % par une filiale du sixième producteur de ciment du monde et à 17 % par la CDPQ — qui détenait auparavant 27,5 % de Ciment McInnis.

Depuis 2014, le gestionnaire de régimes de retraite a injecté plus de 450 millions dans ce projet dont la facture est au bas mot estimée à 1,6 milliard.

La transaction avec Votorantim Cimentos devrait se traduire par des pertes totalisant 472 millions pour l’État québécois, qui était actionnaire du projet en plus d’être prêteur.

Le siège social de la coentreprise sera à Toronto.