Des entreprises québécoises s’activent pour se joindre à l’effort de vaccination

Selon le Conseil du patronat du Québec, les entreprises tenaient depuis longtemps à participer à la vaccination massive des Québécois contre la COVID-19.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Selon le Conseil du patronat du Québec, les entreprises tenaient depuis longtemps à participer à la vaccination massive des Québécois contre la COVID-19.

Plus d’une vingtaine de grandes entreprises québécoises se préparent à vacciner des milliers d’employés, leur famille et des membres du grand public contre la COVID-19, une opération qui débutera dès le mois de mai dans 13 pôles à travers le Québec.

L’entreprise technologique CAE, dans l’arrondissement Saint-Laurent, a d’ailleurs terminé l’aménagement de son tout nouveau centre de vaccination. « Ce sont des salles de conférence qui se trouvaient là. On a démoli des murs, on a tout refait », explique Hélène V. Gagnon, vice-présidente principale aux affaires publiques pour CAE.

Le prochain défi est de recruter du personnel pour y travailler dès le mois prochain, et peut-être même avant. « On n’emploiera pas du personnel qui vient du secteur public. On va aller vers certaines agences qui offrent des infirmières, par exemple. Plusieurs entreprises ont par ailleurs déjà des médecins en milieu de travail qui pourront participer », souligne Mme Gagnon. Elle précise que la compagnie cherche aussi des agents administratifs et des injecteurs, c’est-à-dire des gens qui appartiennent à une liste d’une trentaine de professions liées à la santé.

Des points à clarifier

Cette participation à l’effort vaccinal coûtera plusieurs millions de dollars à CAE, estime Mme Gagnon, sans compensation financière du gouvernement. Tout comme les entreprises des autres pôles, CAE s’est engagée à vacciner au moins 15 000 personnes en trois mois, selon l’ordre de priorité établi par la Santé publique, mais croit pouvoir en vacciner 50 000. Le matériel médical et les doses de vaccin seront fournis par Québec.

« La façon dont les réservations vont être prises n’est pas encore claire. On sait que ça va passer par Clic Santé, mais on ne sait pas encore si les gens vont pouvoir choisir de se faire vacciner dans un pôle en entreprise ou si nous devrons nous adresser à des groupes communautaires ou à d’autres entreprises pour obtenir des listes [de gens à vacciner] », indique Mme Gagnon.

15 000
C’est le nombre minimum de personnes que s’est engagée à vacciner en trois mois l’entreprise technologique CAE, tout comme les autres compagnies qui feront partie intégrante des 13 pôles de vaccination à venir.

Du côté d’Aéroports de Montréal (ADM), qui s’est associé avec Air Canada et Bombardier pour former un pôle dans l’ouest de Montréal, on prévoit deux cliniques : l’une à l’aérogare et l’autre dans les hangars de Bombardier. On prévoit surtout d’y vacciner des employés des compagnies aériennes et des multiples autres entreprises établies dans le secteur. « On est le plus gros site d’employés à Montréal après le centre-ville », relève la porte-parole d’ADM, Anne-Sophie Hamel.

Leur partenaire Biron Groupe Santé s’occupera de mener à bien la vaccination, qui tient particulièrement à cœur l’industrie de l’aviation. « C’est l’une des pièces importantes qui pourraient favoriser la reprise sécuritaire du transport aérien, note Mme Hamel. Notre communauté a été très affectée par la crise sanitaire. »

Pour participer à l’effort collectif

Selon le Conseil du patronat du Québec, les entreprises tenaient depuis longtemps à contribuer à l’effort de guerre contre la COVID-19. « Plusieurs centaines d’entreprises ont levé la main, rappelle le président-directeur général du regroupement, Karl Blackburn. Une première cohorte vient d’être annoncée, mais il est fort possible qu’il y en ait d’autres dans les prochaines semaines. »

« L’augmentation des cas de COVID-19 en ce moment a des conséquences sur les manufacturiers, commente quant à elle la présidente-directrice générale des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Véronique Proulx. Plus les gens sont malades, plus ç’a un impact sur le taux d’absence. Plus vite on réussit à vacciner nos gens, plus vite on sera capable de poursuivre nos projets d’investissement et notre croissance. »

Pour Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, cette mise à contribution des entreprises est une excellente idée. « Plus on ajoute des lieux de vaccination, plus on a des chances d’accélérer la cadence. En ce moment, quelqu’un qui habite dans l’ouest de Montréal ne peut pas nécessairement se déplacer au Palais des congrès », souligne-t-elle.

Selon l’experte, ces pôles permettront notamment un accès plus facile pour des travailleurs à risque d’exposition à la COVID-19. « Ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail, par exemple sur des chaînes de montage, dans des espaces clos ou en contact avec le public, il faut les vacciner en priorité. »

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