Le patron de la Royale plaide pour un Canada plus vert et plus inclusif

Le président et chef de la direction de la Banque Royale, Dave McKay, a qualifié, jeudi, le changement climatique de «menace existentielle» et jugé qu’il s’agissait du «problème le plus pressant de notre époque».
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Le président et chef de la direction de la Banque Royale, Dave McKay, a qualifié, jeudi, le changement climatique de «menace existentielle» et jugé qu’il s’agissait du «problème le plus pressant de notre époque».

Le patron de la Banque Royale du Canada estime que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence un besoin critique, pour la société, de devenir plus équitable, plus durable et d’être mieux préparée à faire face aux difficultés futures.

« La pause forcée dans nos vies occupées et souvent surprogrammées nous a permis de vraiment voir que nous n’avons pas créé la meilleure société pour tout le monde, et que nous avons donc la responsabilité, et le sentiment d’urgence, de garantir une société plus inclusive et plus équitable, en vue d’un avenir plus durable », a affirmé jeudi le chef de la direction de la banque, Dave McKay. Il s’exprimait dans le cadre de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de la Royale, qui s’est tenue en ligne pour une deuxième année consécutive en raison de la crise sanitaire.

Il a profité de l’assemblée pour exhorter les Canadiens à « améliorer le monde pour ceux qui en hériteront » en s’attaquant au changement climatique, aux inégalités qui retiennent les gens, à l’avenir du marché du travail et à l’économie numérique.

M. McKay a qualifié le changement climatique de « menace existentielle » et jugé qu’il s’agissait du « problème le plus pressant de notre époque ». « Cela coûte à nos économies des milliards de dollars en dommages et en perte de productivité et il faudra une quantité massive d’innovations et des milliards de dollars en capital pour réduire les émissions de carbone et finalement parvenir à une économie d’émissions nettes nulles. »

La banque a reçu une proposition d’actionnaire lui demandant d’adopter des objectifs quantitatifs limités dans le temps à l’échelle de l’entreprise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais 68 % des participants à l’assemblée ont voté contre celle-ci. Cependant, M. McKay a promis que la Royale porterait son objectif de financement durable à 500 milliards d’ici 2025 et atteindrait des émissions nettes nulles d’ici 2050.

Il s’est également engagé à faire en sorte que les Noirs, les Autochtones ou les personnes issues de la diversité représentent 40 % des 1400 étudiants que la Banque Royale embauchera cet été. Cette promesse s’appuie sur l’engagement pris par la banque de s’assurer que les membres de ces communautés représentent au moins 30 % de ses nominations à des postes de direction.

En 2019, 1,3 % des employés de la Royale établis au Canada se sont identifiés comme Autochtones, tandis que 37 % étaient des membres des minorités visibles — définies par la banque comme des personnes non autochtones et non caucasiennes ou blanches. Les minorités représentaient 19 % des dirigeants de la banque et 39 % des cadres intermédiaires ou des postes plus élevés cette année-là.

En 2020, les Noirs, les Autochtones et les personnes racisées représentaient 23 % des nominations à la direction.

Inégalités aggravées par la crise

Le patron de la Banque Royale a fait valoir que la pandémie et le mouvement Black Lives Matter avaient mis en lumière les inégalités dans la dernière année. « La pandémie a révélé, et dans certains cas, aggravé, les inégalités qui retiennent les gens et les communautés. Notre société a une obligation morale et un impératif économique de faire avancer tout le monde de manière collective et inclusive. »

Il a également souligné que le pays devrait se concentrer sur la santé mentale et préparer les gens à un avenir différent, car la pandémie a transformé la façon dont fonctionne le monde du travail et accru le besoin pour de nouvelles compétences. La pandémie a montré que le Canada avait besoin d’investissements dans la technologie et le talent alors qu’il est aux prises avec une économie axée sur le numérique, l’évolution des comportements des consommateurs et la reconfiguration de nos chaînes d’approvisionnement et de nos services.

Notre société a une obligation morale et un impératif économique de faire avancer tout le monde de manière collective et inclusive

 

Alors que M. McKay a passé une grande partie de son discours à appeler à des efforts concertés pour améliorer la société, il a également offert un aperçu de la façon dont sa banque a géré la première année de la pandémie. « C’est la première fois au cours de ma carrière de plus de 35 ans que je vois nos clients mondiaux touchés en même temps. » La banque s’est empressée de mettre de côté 2,5 milliards pour des pertes de crédit potentielles, a observé une baisse de 30 % des achats de crédit et, alors que les taux d’intérêt abaissaient ses marges nettes, a vu disparaître environ 1 milliard de bénéfices.

Le personnel, a-t-il précisé, a répondu à plus de 22 millions d’appels à ses centres de services et a joint de manière proactive 3,7 millions de clients parmi les particuliers et les PME pour les rassurer et les conseiller. Environ 620 000 clients ont eu recours aux programmes d’aide à la clientèle de la Banque Royale.

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