Québec consacrera 4 milliards de plus à la relance économique

Au chapitre de l’aide au développement régional (523 millions en cinq ans), l’industrie touristique québécoise bénéficiera du plus gros coup de pouce, avec une aide de 205 millions qui viendra s’ajouter aux 750 millions déjà annoncés au printemps dernier.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Au chapitre de l’aide au développement régional (523 millions en cinq ans), l’industrie touristique québécoise bénéficiera du plus gros coup de pouce, avec une aide de 205 millions qui viendra s’ajouter aux 750 millions déjà annoncés au printemps dernier.

Le gouvernement Legault consacrera 4 milliards de dollars supplémentaires en cinq ans pour accélérer le redécollage de l’économie et améliorer ses perspectives de croissance future. Il compte notamment mener un blitz dans le branchement des Québécois à Internet haute vitesse et encourager l’investissement dans de nouvelles technologies, mais aussi réduire les impôts des PME et donner un coup de pouce au secteur touristique en région.

« Nous nous donnons deux ans pour que tous les emplois perdus depuis la pandémie soient récupérés et pour que l’économie québécoise retrouve son plein potentiel, a déclaré jeudi le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, en dévoilant son nouveau budget. C’est notre responsabilité d’accélérer la croissance et la transition vers l’économie de l’avenir. »

Au centre de ses mesures visant à accroître la productivité et l’investissement se trouve une enveloppe de 1,3 milliard pour brancher 116 000 nouveaux foyers aux services désormais « essentiels » d’Internet haute vitesse avant la fin de l’année prochaine. Comptant sur une contribution financière d’Ottawa, la nouvelle mesure viendra s’ajouter à un autre programme de 100 millions lancé en 2016 et n’étant parvenu, jusqu’à présent, qu’à brancher le quart des 90 000 foyers visés, ainsi qu’à un autre programme de 400 millions et lancé en 2019, celui-là, dont les travaux de branchement de 40 000 foyers additionnels « débuteront sous peu ».

Nous nous donnons deux ans pour que tous les emplois perdus depuis la pandémie soient récupérés

 

Pour stimuler les entreprises à investir dans les nouvelles technologies, Québec consacrera trois quarts de milliard à une bonification de programmes de crédits d’impôt déjà existants, mais réduira aussi le fardeau fiscal de 70 000 petites et moyennes entreprises (PME). La diminution de 4 % à 3,2 % de leur taux d’imposition leur permettra de revenir au niveau de l’Ontario et coûtera à l’État 70 millions par année, ou 346 millions sur cinq ans.

« Toujours en pandémie »

Comme « nous sommes toujours en pandémie », a rappelé Eric Girard, près de 200 millions seront ajoutés cette année aux programmes d’aide financière d’urgence et plus du double de ce montant sera consacré, les prochaines années, à une meilleure intégration des immigrants au marché du travail (246 millions) ainsi qu’au soutien de la formation et de la requalification de la main-d’œuvre (158 millions) dans l’espoir de rediriger des travailleurs vers les secteurs technologiques, mais aussi les services de garde.

Au chapitre de l’aide au développement régional (523 millions en cinq ans), l’industrie touristique québécoise bénéficiera du plus gros coup de pouce, avec une aide de 205 millions qui viendra s’ajouter aux 750 millions déjà annoncés au printemps dernier. Parmi les nombreuses petites mesures annoncées, on en trouve plusieurs destinées au secteur forestier (93 millions) et à la modernisation des infrastructures régionales (92 millions).

 

Ces mesures de relance et de transition économique de 4 milliards ne viennent pas seules, a fait valoir Eric Girard. Elles doivent être additionnées à toutes les autres initiatives annoncées en santé, en éducation, en culture et en culture, sans parler du Plan pour une économie verte 2030 lancé en novembre et doté d’une enveloppe de 6,7 milliards.

La Fédération des chambres de commerce du Québec s’est dite satisfaite « des grandes lignes du budget » et s’est notamment réjouie de la baisse d’impôt applicable aux premiers 500 000 $ de revenus des PME. Elle a toutefois regretté que les programmes d’aide financière d’urgence de Québec restent toujours aussi difficiles d’accès pour les entreprises. À l’instar des Manufacturiers et exportateurs du Québec, elle a aussi déploré que le gouvernement ne s’attaque pas plus vigoureusement au problème de rareté de main-d’œuvre, notamment en limitant la formation professionnelle à celle que l’on peut recevoir à l’école sans penser à celle qui devrait aussi se donner dans les entreprises.

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