Hopper lève 170 millions et s’allie à Capital One

Hopper a dévoilé un nouveau partenariat avec l’institution financière américaine Capital One, l’un des plus importants distributeurs de cartes de crédit.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Hopper a dévoilé un nouveau partenariat avec l’institution financière américaine Capital One, l’un des plus importants distributeurs de cartes de crédit.

L’entreprise technologique de Montréal Hopper a dévoilé mercredi un important partenariat avec Capital One ainsi que la fin d’un cycle de financement qui lui a permis de lever 170 millions de dollars. Alors que l’industrie du tourisme dans laquelle elle évolue est plombée par la pandémie, Hopper nage à contre-courant : ses revenus ont en fait doublé en 2020.

L’entreprise montréalaise s’est fait connaître pour son application mobile du même nom qui permet de prévoir les prix des vols et des hôtels. Son plus récent cycle de financement lui a permis d’amasser 170 millions de dollars auprès d’investisseurs comme GS Growth, Inovia Capital, WestCap Group et Citi Ventures.

Mais Hopper a surtout profité de la fin de l’annonce de mercredi pour dévoiler un nouveau partenariat avec l’institution financière américaine Capital One, l’un des plus importants distributeurs de cartes de crédit. D’ici la fin de l’année, les entreprises lanceront conjointement un portail de voyages destiné à ceux qui détiennent une carte de crédit de l’institution.

« Lorsqu’ils nous ont approchés, c’est en nous demandant si nous serions prêts à développer avec eux un produit qui serait réservé à leurs détenteurs de cartes et où on serait intégrés dans leurs systèmes de récompenses », explique Frédéric Lalonde lors d’une entrevue avec Le Devoir.

Cette offre de services liée aux réservations de transport et d’hôtel pourrait sous peu servir de modèle à d’autres partenariats. Hopper compte utiliser les sommes recueillies pour financer le développement de Hopper Cloud, un bouquet de services qui sera éventuellement déployé en collaboration avec d’autres entreprises.

Prédiction des prix

Créée en 2006 par Frédéric Lalonde — ancien vice-président d’Expedia —, Hopper propose davantage une application pour « prédire les prix des billets ou des réservations » qu’un simple comparateur de prix, indique Frédéric Lalonde. Ce sont les algorithmes de Hopper qui permettent en effet d’établir des prévisions quant à l’évolution des prix des vols et des hôtels.

En ce moment même, en mars, nos ventes et nos revenus sont plus élevés que ce qu’on observait avant la pandémie. Ça a explosé ; on est en hyper-croissance.

Et c’est ce créneau, le traitement des mégadonnées (Big data), qu’exploite en fait Hopper. Non seulement l’application offre une panoplie de services — dont des alertes envoyées aux voyageurs en fonction de leurs recherches —, mais elle leur permet de « geler les prix » lorsque ceux-ci leur conviennent.

Pour « geler les prix », l’usager de l’application doit payer un montant établi en fonction d’algorithmes qui évaluent les risques de changement des prix. « Les voyageurs dépensent en moyenne 55 $ pour avoir ce type de couverture », constate Frédéric Lalonde.

Un créneau qui a particulièrement la cote depuis le début de la pandémie, admet le dirigeant. En 2020, le chiffre d’affaires de l’entreprise a doublé comparativement à l’année précédente, alors que ceux de l’industrie ont littéralement chuté au cours de la même période. « C’est dû à ces activités », dit-il.

En fait, maintenant, près de 70 % des revenus de Hopper proviennent de son volet financier, soit ces services permettant de couvrir les risques liés à la fluctuation des prix. « Mais il faut de très bons algorithmes de prévisions, parce que si les prix augmentent, c’est nous qui devons éponger la différence », dit-il.

« En ce moment même, en mars, nos ventes et nos revenus sont plus élevés que ce qu’on observait avant la pandémie. Ça a explosé ; on est en hypercroissance. Les gens veulent voyager parce qu’ils n’ont pas voyagé depuis un an », indique-t-il.

 

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