CAE gonfle sa taille dans le secteur de la défense

Le siège social de CAE Inc., situé à Montréal
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Le siège social de CAE Inc., situé à Montréal

Alors que l’aviation commerciale continue d’être secouée par la pandémie de COVID-19, CAE accroît sa présence dans le secteur de la défense en achetant les activités de formation militaire de la société américaine L3Harris Technologies pour 1,35 milliard de dollars canadiens — la plus importante transaction réalisée par la multinationale québécoise.

Le spécialiste des simulateurs de vol et de la formation, dans lequel la Caisse de dépôt et placement du Québec a décidé de réinjecter 475 millions et dont elle deviendra le plus important actionnaire, devrait ainsi doubler sa taille dans le secteur de la défense au sud de la frontière. La Caisse, qui avait déjà injecté 150 millions en novembre dernier, sera le plus important actionnaire de CAE, avec une participation d’environ 8 %, tout juste devant la firme Jarislowsky Fraser, avec 7,9 %, selon la firme de données financières Refinitiv.

« Cela nous procure une masse critique pour pouvoir soumissionner sur n’importe quel programme », a fait valoir le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent, lundi, au cours d’une conférence téléphonique après l’annonce de la transaction.

« Le budget américain de la défense [plus de 700 milliards $US] est le plus important au monde », a-t-il souligné. La compagnie devrait ainsi pouvoir soumissionner sur d’importants appels d’offres de formation et de simulation militaire, un segment dans lequel le département américain de la Défense dépense environ 14 milliards $US par année, selon sa haute direction.

Cette acquisition est la quatrième annoncée par la compagnie en autant de mois.

Des retombées au Québec ?

À la clôture de la transaction, prévue au cours de la deuxième moitié de l’année, le secteur de la défense devrait représenter près de la moitié des revenus annuels de l’entreprise, soit une proportion équivalente au secteur civil. En 2020, la division militaire de CAE représentait environ 37 % de ses recettes, qui s’étaient chiffrées à 3,6 milliards. La société exploite également une division qui propose des simulateurs ainsi que des solutions de formation au secteur de la santé.

La division de L3Harris acquise par CAE compte 23 sites répartis dans neuf pays et environ 1600 employés, et elle génère des revenus annuels d’environ 640 millions. Elle se spécialise notamment dans les systèmes d’entraînement pour les avions de chasse et bombardiers, les sous-marins et les avions télépilotés de l’armée américaine — des activités complémentaires à celles de CAE, selon M. Parent. Il a ajouté que la société québécoise pourra offrir des solutions de formation dans cinq secteurs névralgiques : aérien, terrestre, naval, spatial et cybernétique.

C’est surtout aux États-Unis — qui représentent 83 % des recettes générées par les activités de formation militaire de L3Harris — que CAE gonfle sa présence avec sa plus récente prise. Sans promettre d’embauches dans l’immédiat, M. Parent a dit qu’il y aurait des retombées au sein des installations québécoises de la compagnie, où le couperet est tombé au cours de la dernière année en raison de la crise sanitaire.

« La recherche et le développement dans le secteur de la défense qui seront faits aux États-Unis entreront en complémentarité avec nos activités au Québec, a-t-il dit. Nous allons augmenter le nombre de simulateurs que nous allons faire et c’est au Québec qu’ils sont [construits]. »

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