Difficile de s’assurer d’avoir une place à l’hôtel pour la quarantaine obligatoire

À compter de lundi, les personnes arrivant au Canada par voie aérienne devront s’isoler à l’hôtel en attendant le résultat de leur test de dépistage de la COVID-19 qu’ils auront subi à leur arrivée.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne À compter de lundi, les personnes arrivant au Canada par voie aérienne devront s’isoler à l’hôtel en attendant le résultat de leur test de dépistage de la COVID-19 qu’ils auront subi à leur arrivée.

De longs délais d’attente et des messages enregistrés : à quelques jours de l’entrée en vigueur de la quarantaine obligatoire à l’hôtel, le système de réservation choisi par Ottawa connaissait des débuts difficiles, allant même jusqu’à suggérer aux voyageurs de repousser la préparation de leur retour au pays.

Et ceux qui devront s’isoler à compter de lundi en attendant le résultat de leur test de dépistage de la COVID-19 auront vraisemblablement des options de séjour dont la facture sera inférieure à celle de 2000 $ par personne évoquée préalablement.

Mais entre-temps, le système de réservation téléphonique géré par American Express Global Business Travel semblait incapable de répondre à la demande, vendredi après-midi. Un message enregistré était rapidement diffusé en expliquant que le volume d’appel était « élevé », ce qui « pouvait occasionner » des délais plus longs.

J’ai passé trois heures à essayer d’obtenir la ligne pour réserver un séjour obligatoire au Canada. Quel fiasco !

 

On suggérait même d’attendre avant d’effectuer une réservation si le retour au pays n’était pas prévu dans les 48 prochaines heures.

« Quand on amène un nouveau système, évidemment, il y a toujours des défis [pour l’implantation] », a expliqué le premier ministre Justin Trudeau, en conférence de presse, lorsqu’interrogé sur les longs délais qui en ont incité plusieurs à exprimer leur frustration sur les réseaux sociaux. American Express Global Business Travel n’avait pas répondu, vendredi après-midi, aux questions envoyées par La Presse canadienne.

De son côté, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, a affirmé que l’entrée en vigueur de la quarantaine obligatoire à l’hôtel n’allait pas être repoussée et que des « efforts considérables » étaient déployés pour améliorer le système de réservation.

« J’ai passé trois heures à essayer d’obtenir la ligne pour réserver un séjour obligatoire au Canada, a écrit l’ombudsman des îles Caïmans, Sandy Hermiston, sur Twitter. Quel fiasco ! »

Des prix qui varient

Ottawa a publié vendredi le nom de 11 hôtels — dont quatre dans la métropole — situés à proximité des aéroports autorisés à recevoir les voyageurs internationaux — Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver.

Plusieurs établissements ont dirigé les questions entourant les tarifs vers le service téléphonique d’American Express.

Le service à la clientèle de l’hôtel Aloft a toutefois expliqué que des séjours pour trois nuitées étaient disponibles pour 975 $ avant taxes. Pour deux personnes de la même famille, la facture était estimée à 1575 $. À Toronto, les nuitées aux hôtels Alt et Sheraton Gateway près de l’aéroport Pearson étaient respectivement de 339 $ et 319 $ pour une seule personne, ont indiqué des employés.

M. Trudeau avait annoncé, le 29 janvier dernier, qu’une quarantaine à l’hôtel serait obligatoire et qu’elle se ferait aux frais des voyageurs. La somme de 2000 $ par personne avait été évoquée.

En prenant soin de préciser qu’elle ne disposait pas de toutes les informations entourant la tarification, la p.-d.g. de l’Association des hôtels du Grand Montréal, Ève Paré, a indiqué qu’il existait des options moins dispendieuses. « Les catégories varient puisqu’il y a des hôtels de trois ou quatre étoiles par exemple, a-t-elle expliqué, au bout du fil. Certains ont été fraîchement rénovés. On peut s’imaginer que la tarification va varier en fonction de ces éléments. »

En dépit des quarantaines obligatoires à l’hôtel, il ne faut pas nécessairement anticiper une hausse de l’achalandage dans les établissements sélectionnés par Ottawa, a précisé Mme Paré.

Elle rappelle que la demande était fortement en baisse en raison de la suspension des vols vers les destinations soleil, ce qui a provoqué la mise à l’arrêt temporaire des activités chez Air Transat et des réductions de services chez d’autres transporteurs aériens, comme Air Canada. « Est-ce que ce programme sera suffisant pour compenser cette perte ? J’en doute fort, a-t-elle relaté. Nous n’avons aucune idée du volume de passagers que l’on attend, ce qui rend la planification difficile. »

De plus, les hôtels retenus par le gouvernement Trudeau prennent « certains risques » puisqu’ils doivent déployer des ressources pour assurer la sécurité des voyageurs et de leur personnel « sans avoir une garantie de revenus en retour ».

Avec des informations de Jon Victor

À voir en vidéo