Pierre Karl Péladeau veut négocier avec la direction de Transat

À la Bourse de Toronto, l’action de la société mère d’Air Transat a piqué du nez, mardi, pour clôturer à 4,85$, en baisse de 41 cents, ou 7,8%. L’action d’Air Canada a pris 4,9%, ou 1,09$, pour clôturer à 23,42$.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne À la Bourse de Toronto, l’action de la société mère d’Air Transat a piqué du nez, mardi, pour clôturer à 4,85$, en baisse de 41 cents, ou 7,8%. L’action d’Air Canada a pris 4,9%, ou 1,09$, pour clôturer à 23,42$.

Alors que le mariage entre Transat A.T. et Air Canada semble de plus en plus incertain, Pierre Karl Péladeau réitère son intérêt à l’endroit du voyagiste et souhaite voir ses dirigeants négocier avec lui.

Étant donné que le plus important transporteur aérien au pays a refusé de proroger la date butoir du 15 février visant à conclure la transaction — qui a obtenu un feu vert conditionnel d’Ottawa, mais qui attend toujours l’approbation de la Commission européenne — les deux parties peuvent désormais mettre fin à l’entente à tout moment. Celles-ci négocient toutefois des « modifications potentielles » à leur arrangement.

Il existe ainsi une occasion pour la société mère d’Air Transat de renoncer à son alliance avec Air Canada pour « entamer des négociations avec un nouvel acquéreur », a fait valoir M. Péladeau, dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, mardi. « Je souhaite entreprendre des discussions avec la direction de Transat afin de permettre à l’entreprise québécoise de sortir du grave état d’incertitude dans lequel elle est plongée depuis trop longtemps et qui met en péril sa pérennité », a-t-il expliqué.

Le mois dernier, Transat A.T. avait dévoilé avoir reçu, en décembre, une proposition émanant de MTRHP, la société de gestion de l’homme d’affaires. Elle n’avait toutefois pas été jugée supérieure à l’offre d’Air Canada. En évoquant des clauses de confidentialité auxquelles il est assujetti, l’actionnaire de contrôle de Québecor a souligné que, juridiquement, il ne pouvait « commenter la situation autrement » qu’en réitérant son intérêt à acquérir le voyagiste.

Peu de détails

Mardi, Transat A.T. et Air Canada n’ont pas voulu dévoiler les modalités de leur entente qui faisaient l’objet de pourparlers. L’arrangement actuel permet à Air Canada d’avoir son mot à dire si le voyagiste désire, par exemple, chercher à obtenir du financement. « À l’heure actuelle, il est difficile d’évaluer l’engagement à l’endroit de la transaction proposée puisque les conditions de marché se sont détériorées au cours des derniers mois », a souligné l’analyste Benoît Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note envoyée à ses clients.

À la Bourse de Toronto, la tournure des événements a fait piquer du nez l’action de la société mère d’Air Transat, qui a clôturé à 4,85 $, en baisse de 41 cents, ou 7,8 %. L’action d’Air Canada a pris 4,9 %, ou 1,09 $, pour clôturer à 23,42 $.

Air Canada n’a pas expliqué les raisons ayant motivé son refus de repousser la date butoir. « L’accord reste en vigueur à moins qu’une des parties ne procède à sa résiliation, a indiqué sa porte-parole Pascal Déry, dans un courriel. Nous n’avons aucun fait nouveau à communiquer. »

Parallèlement à l’intérêt de M. Péladeau, d’autres prétendants pourraient également se manifester, selon l’analyste de Desjardins. « [Le fonds d’investissement] Onex (propriétaire de WestJet) pourrait être un autre candidat, a souligné M. Poirier. Un tel accord prendrait du temps à être finalisé, même s’il y aurait moins d’obstacles en matière de concurrence, à notre avis. »

La décision d’Air Canada de ne pas proroger la date butoir a été prise dans un contexte où les mesures entourant les voyages internationaux ont été resserrées à plusieurs reprises en raison de la pandémie de COVID-19. Les compagnies aériennes ont récemment accepté de cesser d’offrir des vols vers les destinations soleil jusqu’au 30 avril. « Si la transaction avorte, il est évident que Transat A.T. ne pourra pas poursuivre ses activités, c’est une certitude pour moi, a estimé le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, au cours d’un entretien téléphonique.

En donnant son feu vert à la prise de contrôle de Transat A.T. la semaine dernière, le gouvernement Trudeau avait imposé une série de conditions à Air Canada. De son côté, la Commission européenne, qui attend des informations de la part des deux parties, a suspendu son évaluation le 22 décembre dernier. Transat A.T. anticipe une décision d’ici la fin juin.

À voir en vidéo