La pandémie fait doubler le bénéfice d’AstraZeneca

Dans les dernières semaines, AstraZeneca s’est retrouvé sur la sellette en raison de retards de livraison en Europe et de doutes sur l’efficacité de son vaccin contre la COVID-19 pour les plus de 65 ans.
Photo: Kay Nietfeld Pool via Agence France-Presse Dans les dernières semaines, AstraZeneca s’est retrouvé sur la sellette en raison de retards de livraison en Europe et de doutes sur l’efficacité de son vaccin contre la COVID-19 pour les plus de 65 ans.

La pandémie a profité à AstraZeneca, qui a plus que doublé son bénéfice net en 2020. Bien que son vaccin contre la COVID-19 ait récemment soulevé une polémique, le groupe pharmaceutique se dit optimiste pour 2021, notamment grâce à la fusion en cours avec l’américaine Alexion.

AstraZeneca a enregistré pour l’année 2020 un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars américains. Ses ventes ont également bondi de 26,6 milliards sur un an (une augmentation de 9 %), sans compter celles de son vaccin contre le coronavirus.

Elles ont été tirées vers le haut par les nouveaux médicaments et la forte demande de produits contre des troubles générés par le virus, contre l’asthme par exemple. Et cela, malgré la baisse des revenus sur d’autres produits dont la distribution aux patients a été ralentie par la pandémie, notamment en oncologie, en raison de traitements reportés.

Dans les dernières semaines, AstraZeneca s’est retrouvé sur la sellette en raison de retards de livraison en Europe et de doutes sur l’efficacité de son vaccin contre la COVID-19 pour les plus de 65 ans. En point de presse virtuel jeudi, le directeur général, Pascal Seriot, a livré une défense vigoureuse de son entreprise.

Si tout n’est pas parfait, a-t-il dit, son groupe a maintenant « un vaccin qui apporte une protection de 100 % contre les formes les plus sévères de maladies » générées par le virus, dont il compte produire 100 millions de doses en février. « Nous avons un impact énorme » dans la lutte mondiale contre la pandémie, a-t-il estimé, rappelant que le groupe s’est engagé à vendre le vaccin contre la COVID au prix coûtant.

L’entreprise entend par ailleurs « se focaliser sur l’adaptation du vaccin contre la COVID-19 aux nouveaux variants et espère réduire le temps nécessaire pour atteindre une production d’ampleur à entre 6 et 9 mois », a-t-elle détaillé dans un communiqué jeudi.

Le groupe affirme que la version actuelle de son vaccin « reste efficace » contre le variant britannique, mais relève qu’une étude de l’Université d’Oxford montre une « efficacité limitée contre les formes légères de maladies causées par le variant sud-africain ». Et ce, sans qu’il soit possible de se prononcer sur l’efficacité contre les formes les plus sévères, car les patients étudiés étaient jeunes et en bonne santé.

Vaccin contre les variants à l’automne

Lors de la conférence de presse virtuelle, les dirigeants du groupe ont répété que les vaccins contre de nouveaux variants devraient être disponibles pour injection d’ici l’automne prochain. Le patron du groupe a rappelé que la course aux vaccins contre la COVID-19 allait progressivement s’approcher de « ce qui se passe pour la grippe, avec un vaccin ajusté au fur et à mesure ».

Pascal Seriot a par ailleurs souligné que la campagne de vaccination rapide en Israël donnait des résultats, avec « un déclin encourageant des hospitalisations ». « Nous pouvons espérer voir la même chose au Royaume-Uni d’ici mars », a-t-il ajouté, pays où la vaccination progresse plus vite qu’au sein de l’Union européenne (UE).

Pour rassurer la communauté, AstraZeneca a aussi dit mercredi s’associer avec l’allemand IDT Biologika afin d’être capable de produire dès le deuxième trimestre davantage de vaccins pour l’Europe.

En outre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi que le vaccin d’AstraZeneca pouvait être administré aux plus de 65 ans et dans les pays où circulent des variants, malgré les doutes de plusieurs pays européens, notamment la France et l’Allemagne. L’Agence européenne du médicament (EMA) a pour sa part annoncé mercredi avoir demandé à tous les fabricants de vaccins d’évaluer si leur produit est efficace contre les nouvelles mutations du coronavirus.

Malgré les assurances de l’OMS, l’Afrique du Sud s’est aussi dite prête à revendre ou à échanger un million de doses du vaccin d’AstraZeneca, écarté au profit de celui de Johnson & Johnson.

AstraZeneca prévoit des ventes en hausse de 1 % à 4 % et un bénéfice « qui accélère » l’an prochain hors ventes de vaccins contre le virus, pour lequel il publiera des résultats à part à compter du prochain trimestre. Le groupe souligne aussi avoir entamé des essais de phase III pour un médicament à base d’anticorps contre la COVID-19.

À voir en vidéo