Les hôtels se disent prêts à accueillir les voyageurs

L'idée d'une quarantaine obligatoire est bien accueillie par l’industrie hôtelière, dont les taux d’occupation sont anémiques depuis le début de la pandémie.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L'idée d'une quarantaine obligatoire est bien accueillie par l’industrie hôtelière, dont les taux d’occupation sont anémiques depuis le début de la pandémie.

Les hôtels du Québec feront de la place aux voyageurs revenant de l’étranger si Ottawa va de l’avant avec l’idée de leur imposer une quarantaine obligatoire à l’hôtel.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué vendredi en point de presse qu’il envisageait cette possibilité, parmi d’autres, pour serrer la vis aux voyageurs. Le premier ministre du Québec, François Legault, avait pour sa part demandé jeudi au gouvernement fédéral d’obliger le confinement à l’hôtel, aux frais des voyageurs, afin de les dissuader de partir et de mieux les encadrer à leur retour.

Cette idée est bien accueillie par l’industrie hôtelière, dont les taux d’occupation sont anémiques depuis le début de la pandémie. « On a de la place, on est prêt et c’est sécuritaire », affirme en entrevue la présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal, Ève Paré.

« On se dit qu’au moins il y a des mesures qui vont se mettre en place pour mettre fin à cette pandémie et si on peut en profiter au passage parce que des clients resteront dans certains hôtels, tant mieux », a souligné pour sa part le président du conseil d’administration de l’Association hôtellerie Québec, Dany Thibault.

« Si ça se matérialise en hausse de la demande, ça soulagera certains hôtels, mais je ne m’attends pas à une demande très forte », tient toutefois à nuancer Mme Paré, qui croit surtout que cette mesure aura pour effet de décourager les voyages.

 

M. Thibault et Mme Paré rappellent que plusieurs hôtels accueillent déjà une petite quantité de clients qui s’y placent en isolement pour ne pas contaminer un proche vulnérable, de même que des étudiants étrangers. Au moins un hôtel près de l’aéroport a également été réquisitionné depuis des mois par l’Agence de santé publique du Canada pour fournir gratuitement, en collaboration avec la Croix-Rouge canadienne, de l’hébergement, des repas et des objets de première nécessité aux voyageurs qui n’ont pas d’autre moyen de se confiner pendant 14 jours.

Selon Mme Paré, ces expériences démontrent que les protocoles sanitaires en place sont adéquats pour protéger les employés. « On peut faire un check-in sans contact. Une fois que le client est dans la chambre, il n’y a pas de contact. Tous les moyens de désinfection sont mis en place », a-t-elle dit.

Il reste à savoir si, dans l’optique d’une telle mesure, les voyageurs pourraient choisir de séjourner à n’importe quel hôtel ou si un petit nombre d’établissements seraient désignés. M. Thibault préfère la deuxième option. « Il faut que le gouvernement dresse une liste d’hôtels selon l’estimation du nombre de chambres requis et qu’il y ait des ententes tarifaires et logistiques avec ces hôtels, a-t-il jugé. Il faut le soutien des autorités pour contrôler les allées et venues, que la sécurité ne soit pas aux frais de l’hôtelier. Ce n’est pas à nous de dire aux clients qu’ils doivent retourner dans leurs chambres. »

Par ailleurs, Mme Paré indique que certains hôtels seront plus aptes que d’autres à recevoir la clientèle confinée, notamment ceux dont les chambres sont grandes et équipées de cuisinettes.

 

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