Un Igloofest moins froid que d’habitude

En temps normal, ce sont entre 3000 et 11 000 festivaliers qui fréquentent l’Igloofest, à Montréal, selon les jours de la semaine. 
Photo: Michel Legault En temps normal, ce sont entre 3000 et 11 000 festivaliers qui fréquentent l’Igloofest, à Montréal, selon les jours de la semaine. 

Pour la quinzième édition du célèbre festival de musique « le plus froid au monde », les amateurs de musique électronique pourront assister aux représentations de l’Igloofest en ligne, gratuitement — et au chaud. À deux semaines du lancement, la liste des artistes n’est toutefois pas encore connue. L’organisation veut conserver toute la latitude nécessaire pour s’adapter si les règles de tournage devaient changer. En pleine recrudescence du nombre de cas de COVID-19, l’organisation d’événements culturels comporte son lot de défis.

« Igloofest, ça va être gratuit cette année. On va faire des captations extérieures d’événements pendant les week-ends et tout ça va être en ligne », explique Nicolas Cournoyer, cofondateur de l’Igloofest et de Piknic Électronik.

C’est évidemment loin d’être le scénario idéal pour l’organisation. En temps normal, ce sont entre 3000 et 11 000 festivaliers qui fréquentent l’Igloofest, selon les jours de la semaine. « Habituellement, ça représente un budget de 6 millions de dollars. On est très loin de ça présentement », souligne M. Cournoyer.

Malgré les difficultés financières que connaît l’industrie, l’organisation du festival a toutefois choisi de ne pas faire payer l’accès à ses spectacles, explique le cofondateur. « Il y a des événements qui l’ont fait et ils ne vendaient pas de billets », dit-il, ajoutant qu’il est « encore trop tôt pour savoir si ça va marcher et dans quelle mesure les gens vont embarquer, mais au moins il n’y aura pas le frein de devoir payer pour voir ces performances-là ».

Ce sont, entre autres, les aides gouvernementales et les subventions de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) qui permettent à l’événement d’avoir lieu et qui aident à la survie de l’écosystème, reconnaît le cofondateur de l’Igloofest. « Heureusement, on a des commanditaires, même si ce n’est pas à la même hauteur que d’habitude. On est chanceux d’avoir des partenaires qui continuent d’embarquer », ajoute-t-il.

Une année difficile

L’année 2020 a été particulièrement éprouvante pour le milieu culturel, qui a dû faire face à la multiplication des annulations d’événements. Au début de la crise, l’organisation de l’Igloofest a ainsi dû mettre à pied près de la moitié de l’équipe et a dû procéder à d’importantes réductions de salaire. La subvention salariale a permis de réembaucher une partie des employés, « mais il y a eu des départs, des gens qui, voyant l’incertitude du milieu, sont partis ailleurs », raconte M. Cournoyer.

« Le principal défi, c’est l’incertitude », explique M. Cournoyer. « Compte tenu de l’ampleur d’événements comme le Piknic ou Igloo, ça nécessite plusieurs mois de préparation. Souvent, la programmation est prévue un an à l’avance. »

Or, durant les derniers mois, il a fallu que les festivals multiplient les scénarios, et qu’ils se préparent en fonction de la possibilité — ou non — de tenir des rassemblements. « On construit et déconstruit chaque fois. C’est le propre de notre métier. On est bons là-dedans. Mais refaire des scénarios constamment, ça prend beaucoup d’énergie et de temps. »

M. Cournoyer se décrit comme « un optimiste de nature » et demeure persuadé qu’une reprise aura lieu, même si elle ne se fera pas du jour au lendemain. « Le Web ne remplacera jamais le côté humain. Igloofest, c’est une expérience à vivre sur place. Il faut avoir de la lumière, de la musique, ressentir l’hiver et l’énergie des gens, et toute l’interaction entre ces éléments-là », conclut le cofondateur du festival.

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