D’autres réductions de coûts chez ​Bombardier

«À l’instar des entreprises des secteurs aéronautique et du transport, notre compagnie a encaissé un dur coup en 2020», a souligné le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «À l’instar des entreprises des secteurs aéronautique et du transport, notre compagnie a encaissé un dur coup en 2020», a souligné le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel.

Le régime minceur n’est pas terminé chez Bombardier, qui souhaite réduire ses dépenses une fois son recentrage vers les avions d’affaires terminé, au moment où la pandémie de COVID-19 entraîne une baisse des livraisons supérieure à 30 % dans l’industrie.

Son président et chef de la direction, Éric Martel, a signalé, jeudi, à l’occasion du dévoilement des résultats du troisième trimestre, que l’avionneur devra avoir une taille lui permettant de générer des profits tout en livrant annuellement entre 100 et 120 jets — 142 appareils avaient été livrés l’an dernier. « Notre infrastructure peut répondre à deux fois la capacité du marché actuel », a-t-il lancé. L’ancien dirigeant d’Hydro-Québec n’a pas mentionné si cela se traduirait par de nouvelles réductions d’effectif. En juin dernier, Bombardier avait annoncé l’élimination de 2500 postes, dont 1500 au Québec, soit plus de 11 % de l’effectif de sa division aviation.

« À l’instar des entreprises des secteurs aéronautique et du transport, notre compagnie a encaissé un dur coup en 2020, a souligné M. Martel, en ajoutant que la reprise des livraisons était plus rapide du côté des jets d’affaires par rapport aux avions commerciaux. Nous estimons qu’il faudra une année pour renouer avec les niveaux d’avant la pandémie. » Le grand patron de l’avionneur a estimé que la crise sanitaire avait eu un impact de 2,25 milliards sur les liquidités. Lorsque la vente de Bombardier Transport aura été conclue, la dette à long terme de la société devrait être d’environ 4,5 milliards $US, ce qui est supérieur à la prévision antérieure de 2,25 milliards $US.

Au troisième trimestre, terminé le 30 septembre, Bombardier a engrangé un bénéfice net de 192 millions, un résultat essentiellement attribuable à sa division ferroviaire, qui sera bientôt vendue. Le chiffre d’affaires global est établi à 3,52 milliards, en recul de 5,2 %. Les activités poursuivies, qui comprennent le segment des avions d’affaires, ont affiché une perte nette de 24 millions. Abstraction faite des éléments non récurrents, Bombardier a affiché une perte ajustée de 215 millions, ou 13 cents US par action, comparativement à 55 millions, ou 4 cents US par action.

Enquête au Royaume-Uni

Bombardier se retrouve sous la loupe des autorités britanniques, qui enquêtent sur des allégations de corruption et de pots-de-vin à propos de commandes effectuées dans le passé par Garuda Indonesia. Le Serious Fraud Office a publié une déclaration à cet effet jeudi et l’entreprise québécoise en a fait mention dans son rapport sur ses résultats financiers du troisième trimestre. L’agence gouvernementale n’a pas offert d’autres commentaires ni expliqué pourquoi elle se penchait sur des gestes qui auraient été posés à l’extérieur de son territoire. Aucune allégation n’a été prouvée.

En mai, un tribunal indonésien avait condamné l’ex-patron de Garuda Indonesia et un autre individu pour corruption et blanchiment d’argent à propos de malversations concernant cinq contrats, dont un pour l’achat et la location de CRJ1000 de Bombardier au début de la décennie. Dans son rapport trimestriel, Bombardier a indiqué qu’aucune accusation n’avait été portée à son endroit « ni contre aucun de ses officiers ».

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