Une deuxième vague pourrait être mortelle pour 31% des PME

La crise sanitaire a favorisé l’adoption des technologies numériques et émergentes pour 64% des répondants.
Photo: iStock La crise sanitaire a favorisé l’adoption des technologies numériques et émergentes pour 64% des répondants.

Plus de la moitié des PME au Canada évolue présentement en mode survie et une deuxième vague pourrait être mortelle pour 31 % d’entre elles. Les propriétaires sont nombreux à envisager la vente de leur entreprise, mais ils s’en trouvent pour y voir une occasion de croissance ou de diversification.

Le sondage du cabinet de services-conseils KPMG mené auprès de 500 PME met en perspective les craintes et les difficultés qui confrontaient les propriétaires-dirigeants au début de la deuxième vague. Le sondage a été mené entre le 17 et le 24 septembre, lorsque la remontée des cas de COVID-19 se faisait notoire.

On y observe que 54 % des répondants soutiennent consacrer l’essentiel de leurs efforts à la survie de leur entreprise. Pire, 31 % « craignent de ne pas avoir les capitaux nécessaires pour passer à travers une deuxième vague de COVID-19 si l’économie s’effondre ». Dans l’ensemble, près de 40 % ne pensent pas pouvoir se remettre des séquelles économiques de la pandémie.

Dans le contexte de la crise, 44 % ont eu recours aux programmes d’aide gouvernementale mis en place durant la première phase de la pandémie, et 24 % affirment dépendre des fonds publics pour se maintenir à flot.

Il n’est donc pas étonnant que 23 % disent regretter de ne pas avoir vendu leur entreprise alors que 24 % déclarent vouloir vendre ne serait-ce qu’en raison des coûts plus élevés et des difficultés accrues liées à la gestion et à la protection de ses employés pendant la pandémie.

« Le problème, c’est que 46 % des propriétaires ne savent plus ce que vaut leur entreprise en raison des effets de la COVID-19. Cette proportion augmente parmi ceux qui planifient officiellement vendre leur entreprise dans les deux prochaines années, puisque 54 % d’entre eux disent n’en avoir aucune idée. »

Le problème, c’est que 46% des propriétaires ne savent plus ce que vaut leur entreprise en raison des effets de la COVID-19

 

En revanche, « il y a aussi un autre groupe de propriétaires qui se sont bien positionnés pendant la pandémie et qui y voient une occasion de développer leur entreprise soit en interne, soit en achetant des actifs en difficulté ». Le sondage indique ainsi que 29 % voient dans la pandémie une occasion de développer leur entreprise.

Virage numérique

« Si les sept derniers mois ont entraîné de nombreuses perturbations dans notre économie, les entreprises qui avaient investi dans la technologie numérique avant la pandémie — ou qui l’ont fait rapidement lorsqu’elle a frappé — voient de réelles possibilités de croissance pour l’avenir, poursuit KPMG. Ces entreprises sont susceptibles d’être les principaux moteurs de notre relance économique. » Pour 78 % des répondants, la survie passe par le virage numérique.

D’ailleurs, la crise sanitaire a favorisé l’adoption des technologies numériques et émergentes pour 64 % des répondants. Mais le virage semble être plus difficile à prendre pour les propriétaires à l’aube de leur retraite. Ainsi, 73 % des propriétaires voulant se retirer dans les cinq prochaines années affirment ne pas avoir l’énergie, la volonté, le désir ou la technologie nécessaires pour mener leur entreprise vers cette nouvelle réalité.

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