Le Canada se démarque par la hausse du revenu disponible des ménages

Pour l’ensemble des économies avancées, le taux d’épargne des ménages a donc bondi pour osciller autour de 25%.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pour l’ensemble des économies avancées, le taux d’épargne des ménages a donc bondi pour osciller autour de 25%.

Parmi les pays à économie dite avancée, le Canada s’est démarqué durant la première vague de la pandémie avec un bond parmi les plus ressentis du revenu disponible des ménages, contrastant avec l’une des plus fortes baisses du revenu de travail.

Selon les données compilées par la firme de recherche Oxford Economics, en volume, les dépenses des ménages ont chuté de 11 % dans les économies dites avancées entre le premier et le deuxième trimestres de 2020. Il y a toutefois eu contraste, les pays limitant leurs restrictions comme le Japon, la Corée du Sud et la Suède affichant des baisses sous les 10 %, alors que ceux jouant la carte de fermetures prolongées, comme le Royaume-Uni et l’Espagne, affichaient un recul de 20 % ou plus. Le Canada se situe au-dessus de la moyenne avec un plongeon de 13 %.

Cette chute traduit une forte perte des heures travaillées, engendrant une diminution notable du revenu disponible mais à un rythme moindre. Sur ce point, les États-Unis et le Canada font bande à part en affichant plutôt une forte poussée du revenu personnel disponible sous le coup des programmes de soutien au revenu musclés, retient Oxford. L’écart entre la perte de revenu du travail et le gain du revenu personnel disponible peut atteindre 20 points de pourcentage au Canada et 17 aux États-Unis. Dans ces deux pays, « le revenu disponible a remonté d’un ronflant 10 % et plus au deuxième trimestre », même si l’érosion du revenu de travail a été plus forte.

Pour l’ensemble des économies avancées, le taux d’épargne des ménages a donc bondi pour osciller autour de 25 %.

Ces contrastes peuvent expliquer en partie la reprise des dépenses des ménages observée depuis l’été. Mais il y a essoufflement, alimentant des doutes sur la durabilité du mouvement, la variable clé étant l’évolution du revenu disponible. L’incertitude vient de l’atténuation, voire de l’élimination des programmes d’aide d’urgence, de l’impulsion sur les revenus d’une récupération des emplois qui battrait de l’aile et de l’utilisation que feront les ménages de leur épargne non planifiée.

25%
C’est l’augmentation du taux d’épargne des ménages.

S’y greffent l’ampleur de la deuxième vague et son effet sur la confiance des entreprises et des ménages. Pour l’instant, les données de septembre suggèrent que cette confiance n’est pas ébranlée par la remontée des cas « probablement parce que les taux d’hospitalisation et de décès demeurent faibles ». Et Oxford croit que, sur le plan économique, un accroissement substantiel et élargi des mesures de restriction se veut davantage un risque qu’une avenue inévitable.

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