Semaine noire en emploi pour les grandes entreprises américaines

Disney, American Airlines et United Airlines ont annoncé à elles seules 60 000 licenciements en 24 heures.
Photo: Mario Tama Getty Images via Agence France-Presse Disney, American Airlines et United Airlines ont annoncé à elles seules 60 000 licenciements en 24 heures.

Durement touchées par la pandémie, sans nouvelles aides du gouvernement, les multinationales Disney, American Airlines et United Airlines ont annoncé à elles seules 60 000 licenciements en 24 heures, accentuant une déferlante de plans sociaux à l’approche de la présidentielle américaine. L’assureur AllState a aussi prévenu mercredi qu’il va congédier 3800 personnes, tandis que Marathon Petroleum a fait part du départ de 2050 employés, soit 12 % de ses effectifs. La vague de suppressions n’épargne quasiment aucun secteur.

Certaines grandes entreprises ont bénéficié d’aides du gouvernement pour sauvegarder les emplois, à l’instar des compagnies aériennes. Mais le soutien financier qui leur était consacré a expiré mercredi. Et si ce même mercredi on recevait de bons échos sur les négociations entre la Maison-Blanche et l’opposition pour une nouvelle relance budgétaire, l’optimisme a fait place jeudi au scepticisme, alors que les positions des démocrates et des républicains sur un nouveau plan de soutien économique massif semblent encore « très éloignées », selon les responsables parlementaires des deux camps. Républicains et démocrates n’étant pas parvenus à un compromis sur une rallonge, American et United vont commencer à licencier jeudi 19 000 et 13 000 personnes respectivement.

Mais au total, ce sont actuellement 26,6 millions de personnes qui touchent une aide liée à la perte de revenus, toutes mesures confondues.

Tout n’est pas sombre sur le marché de l’emploi américain. Les entreprises du secteur privé ont créé 749 000 emplois en septembre, soit bien plus qu’en août, selon une enquête de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi. Et les inscriptions hebdomadaires au chômage sont reparties à la baisse la semaine passée aux États-Unis, selon les chiffres diffusés jeudi par le département du Travail.

 
26 millions
C’est approximativement le nombre de personnes qui touchent actuellement une aide liée à la perte de revenus, toutes mesures confondues, aux États-Unis.

Elles restent toutefois « à un niveau élevé », souligne Rubeela Farooqi, de High Frequency Economics. « Même si certains postes reviennent, les pertes d’emplois s’accentuent, ce qui reflète des tensions persistantes sur le marché du travail », estime l’économiste. Après avoir culminé à 14,7 % en avril, le taux de chômage est descendu à 8,4 % en août. Ce qui reste bien au-dessus des 3,5 % d’avant la pandémie.

La hausse bien plus élevée du taux de chômage aux États-Unis que dans d’autres pays occidentaux s’explique par la stratégie adoptée par les gouvernements, estiment les économistes de l’antenne de la Réserve fédérale de Saint-Louis. En Europe et au Japon, les gouvernements « se sont concentrés sur le maintien des relations employeur-employés », expliquent-ils dans un récent blogue. « Aux États-Unis, la politique s’est concentrée sur l’octroi de prestations de chômage aux travailleurs mis à pied ou en congé », ajoutent-ils.

La pandémie profite en revanche à certains secteurs et entreprises. À la faveur de l’explosion du commerce en ligne, Amazon a ainsi annoncé mi-septembre la création de 100 000 emplois supplémentaires aux États-Unis et au Canada. D’autres entreprises, comme la chaîne de supermarchés Walmart ou le groupe de logistique Fedex, ont aussi embauché allègrement.

Mais les dépenses des consommateurs américains ont ralenti en août, alors que les revenus personnels ont fléchi, reflétant la fin de la prestation hebdomadaire de 600 $US octroyée aux chômeurs. Le département du Commerce a indiqué jeudi que les dépenses n’avaient augmenté que de 1 %, ce qui constitue la plus faible performance depuis le recul de 12,7 % observé en avril dans la foulée des nombreuses fermetures provoquées par la pandémie de COVID-19.

Avec Le Devoir

 

À voir en vidéo