La récession n'aura duré que trois mois au Québec

Impact direct de la pandémie, «les dépenses de consommation des ménages baissent de 13,3%, ce qui est principalement attribuable à la diminution des achats de services (-18,7%) et de biens durables (-15,9%)», indique l’ISQ.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Impact direct de la pandémie, «les dépenses de consommation des ménages baissent de 13,3%, ce qui est principalement attribuable à la diminution des achats de services (-18,7%) et de biens durables (-15,9%)», indique l’ISQ.

La récession au Québec n’aura probablement été l’affaire que de trois mois, mais la chute a été brutale. Le PIB est en baisse de 12,2 % au deuxième trimestre, et de 7,5 % après six mois.

La mise sur pause de l’économie en réaction à la pandémie a provoqué un choc durement ressenti. Le PIB du Québec s’est contracté de 12,2 % au deuxième trimestre contre 11,5 % au Canada, après un repli de 2,7 % au premier. Au cumul, après six mois, la contraction atteint les 7,5 % par rapport au premier semestre de 2019, soit un peu plus que celui de 7 % calculé à l’échelle canadienne.

 
12,2 %
C’est le pourcentage de la baisse du PIB qu’enregistre le Québec au deuxième trimestre de 2020. À titre comparatif, cette baisse est de 11,5 % à l’échelle du Canada.

Si la récession selon la définitionclassique est confirmée, elle n’auratoutefois été que l’affaire de trois mois, de février à avril, en supposant que la reprise observée depuis se poursuivra au troisième trimestre. Les données de l’Institut de la statistique du Québec indiquent que l’activité économique a bondi de 11,5 % en mai et de 7,7 % en juin.

Au total, 19 des 20 grands secteurs économiques affichent une hausse en juin. « Après le rebond des mois de mai et juin, le niveau du PIB du Québec se situe à plus de 92 % de celui de février, avant que la province ne soit touchée par la crise de la COVID-19 », souligne l’ISQ.

Au deuxième trimestre, la demande intérieure a chuté de 11,6 %, plombée par une baisse de 10,2 % des dépenses de consommation et de 17,4 % des investissements des entreprises. Impact direct de la pandémie, « les dépenses de consommation des ménages baissent de 13,3 %, ce qui est principalement attribuable à la diminution des achats de services (- 18,7 %) et de biens durables (-15,9 %) », ajoute l’ISQ.

Coup de pouce

De plus, les exportations se sont contractées de 13,7 %, mais la baisse plus forte des importations (-17,8 %) a permis une amélioration le solde du commerce extérieur. « Ce résultat contribue positivement à la variation du PIB réel au deuxième trimestre », souligne l’ISQ.

Sur une note plus positive, « l’aide gouvernementale fédérale très significative s’est traduite par une amélioration sans précédent des indicateurs économiques liés aux finances des ménages », rappelle Hélène Bégin. L’économiste principale au Mouvement Desjardins ajoute que « le revenu disponible en termes réels des particuliers s’est fortement accru durant le deuxième trimestre au moment où les dépenses de consommation ont été limitées surtout à l’essentiel. Le taux d’épargne a ainsi grimpé à 34,5 % au deuxième trimestre, alors qu’il avoisinait 10 % à la fin de 2019. »

L’économiste anticipe le fait que le rebond significatif se poursuivra au troisième trimestre après la lancée de mai-juin, ce qui n’empêchera pas d’éviter « un fort recul » du PIB réel pour 2020. Elle dit espérer que le rétablissement continuera malgré les signes d’une deuxième vague de cas de COVID-19.

L’économiste Marc Pinsonneault, de la Banque Nationale, ajoute que « la vitesse de récupération ralentira à compter du quatrième trimestre, car les mesures de distanciation entravent la récupération de plusieurs secteurs, sans compter la baisse de la demande mondiale pour les produits du Québec. Bref, nous nous attendons à ce que l’économie affiche un recul de 6,3 % sur l’ensemble de 2020, avant de rebondir de 4,5 % en 2021. »

 

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