Shell réfléchit à une production de biocarburants au Québec

Shell Canada souhaite discuter de ses projets dans les biocarburants avec Hydro-Québec, Investissement Québec et le ministère de l’Économie et de l’Innovation.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Shell Canada souhaite discuter de ses projets dans les biocarburants avec Hydro-Québec, Investissement Québec et le ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Dix ans après avoir fermé sa raffinerie de Montréal-Est, Shell Canada semble envisager un retour à la production en sol québécois, cette fois dans le créneau des biocarburants.

La société basée à Calgary, filiale canadienne du géant anglo-néerlandais, a inscrit un nouveau mandat au Registre des lobbyistes du Québec cette semaine afin d’évaluer une occasion d’affaires portant sur les « biocarburants avancés et visant la production potentielle, à partir de déchets, de carburants liquides à faible teneur en carbone ».

Shell, qui souhaite s’adresser à Hydro-Québec, à Investissement Québec et au ministère de l’Économie et de l’Innovation, indique au passage qu’elle veut « explorer les opportunités d’obtenir une assistance financière gouvernementale (montant, programme et nature du financement encore indéterminés et inconnus) destinée à être utilisée pour la construction et / ou l’opération d’une usine, y compris potentiellement l’achat d’équipement ou l’emploi de main-d’œuvre ».

Il n’a pas été possible d’obtenir de plus amples informations auprès de Shell Canada pour savoir quel type de déchets serait utilisé et quel niveau de production serait envisagé.

Un seuil minimal analysé

Le Québec compte à l’heure actuelle une toute petite poignée d’usines de biocarburants. Elles produisent annuellement 175 millions de litres d’éthanol et 51 millions de litres de biodiesel, indique le plus récent État de l’énergie au Québec, publié par HEC Montréal. Selon un portrait de 2017, l’éthanol comptait pour 2 % (une donnée de 2014) du total de l’énergie utilisée dans le transport au Québec. L’essence comptait pour 57 %, comparativement à 24 % pour le diesel.

Les intentions de Shell surviennent alors que Québec a mis sur la table, en octobre 2019, un projet de règlement portant sur un seuil minimal de carburant renouvelable dans l’essence et le diesel. Le projet, qui a fait l’objet de consultations, mentionne l’éthanol, le biodiesel et l’éthanol cellulosique. Ce dernier peut être fait à partir de matières résiduelles urbaines, par exemple. Le règlement proposé prévoyait notamment un seuil minimal, dès juillet 2021, de 10 % d’éthanol dans l’essence, un pourcentage tombant à 9 % si l’éthanol en question comprenait 10 % d’éthanol cellulosique.

Invité à dire à quelle étape se trouve le projet de règlement, le ministre des Ressources naturelles a indiqué au Devoir vendredi qu’il a « pris connaissance du contenu de tous les mémoires reçus et est à analyser les diverses options » pour apporter des modifications. « Nous ne pouvons donner une date d’entrée en vigueur du règlement, mais on doit rappeler que ce dossier demeure une priorité ministérielle puisqu’il permettra de contribuer à réduire notre dépendance aux énergies fossiles en plus de réduire les émissions de GES », a indiqué la direction des communications.

Le gouvernement Legault met actuellement les dernières touches au nouveau plan vert, une stratégie phare qui guidera la lutte contre les changements climatiques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Radio-Canada a rapporté cet été que ce « Plan pour une économie verte » comprendra des mesures portant sur l’inclusion d’éthanol et de biodiesel dans les carburants.

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