Les pertes mondiales en revenus touristiques atteignent 460 milliards $US

De janvier à juin 2020, l’industrie mondiale du tourisme a recensé une perte de 440 millions d’arrivées internationales.
Photo: Mohamed el-Shahed Agence France-Presse De janvier à juin 2020, l’industrie mondiale du tourisme a recensé une perte de 440 millions d’arrivées internationales.

Les pertes en revenus touristiques internationaux atteignaient déjà les 460 milliards $US au terme du premier semestre de 2020, sous le coup d’une chute radicale de la demande. Malgré l’impact des restrictions de voyage, à peine plus de la moitié des destinations avaient assoupli leur blocage en septembre.

Selon les dernières données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les arrivées de touristes internationaux ont chuté de 65 % au cours du premier semestre. L’agence spécialisée des Nations unies parle d’une diminution sans précédent qui n’est pas étrangère à la décision des pays du monde entier de fermer leurs frontières et d’introduire des restrictions de voyage en réponse à la pandémie. « La chute brutale et soudaine des arrivées a mis en péril des millions d’emplois et d’entreprises. »

Ainsi, de janvier à juin 2020, l’industrie mondiale du tourisme a recensé une perte de 440 millions d’arrivées internationales, ce qui se traduit par une chute des revenus de 460 milliards $US. « C’est environ cinq fois la perte de recettes touristiques internationales enregistrée en 2009, dans un contexte de crise économique et financière mondiale », note l’OMT, qui rappelle l’urgence de relancer cette activité. « Des voyages internationaux sûrs et responsables sont maintenant possibles dans de nombreuses régions du monde et il est impératif que les gouvernements travaillent en étroite collaboration avec le secteur privé pour faire bouger à nouveau le tourisme mondial », écrit l’agence.

Par régions, l’Asie-Pacifique a été la première à ressentir l’impact de la pandémie sur le tourisme, avec une baisse de 72 % du nombre de touristes au premier semestre. L’Europe arrive deuxième avec un recul de 66 % des arrivées de touristes. L’Afrique et le Moyen-Orient suivent, avec une chute de 57 %, puis les Amériques, avec un plongeon de 55 %. « Toutes les régions et sous-régions du monde ont enregistré des baisses de plus de 50 % des arrivées entre janvier et juin 2020. La contraction de la demande internationale se traduit également par une baisse à deux chiffres des dépenses touristiques internationales sur les grands marchés. »

L’OMT ajoute que les principaux marchés sortants, comme les États-Unis et la Chine, étaient toujours au point mort, alors que certains marchés, comme la France et l’Allemagne, avaient laissé miroiter une certaine amélioration en juin.

Pour la suite des choses, l’agence spécialisée des Nations unies avait esquissé trois scénarios possibles en mai dernier, impliquant une baisse oscillant entre 58 % et 78 % des arrivées de touristes internationaux en 2020. « Les tendances actuelles jusqu’en août indiquent une baisse de la demande plus proche de 70 % (soit le scénario 2), d’autant plus maintenant que certaines destinations introduisent de nouveau des restrictions sur les voyages. »

Et si un changement de tendance est attendu l’an prochain, fondé sur les hypothèses d’une levée progressive et linéaire des restrictions de voyage, de la disponibilité d’un vaccin ou d’un traitement et d’un retour de la confiance des voyageurs, « le retour aux niveaux de 2019 en matière d’arrivées de touristes prendrait entre deux et quatre ans », ajoute-t-elle.

Levée progressive des restrictions

D’autant qu’au 1er septembre, à peine 53 % des destinations avaient commencé à assouplir leurs restrictions sur les voyages, pour un total de 115 destinations, soit 28 de plus qu’au 19 juillet. « De ce total, deux ont levé toutes les restrictions, les 113 autres maintenant certaines restrictions en place […] La vigilance et la prudence restent de mise, mais il est préoccupant de constater que certaines destinations maintiennent des restrictions totales sur les voyages, surtout là où le tourisme joue un rôle vital et où le développement économique et social est menacé », déplore l’OMT.

Selon le rapport, les destinations ayant assoupli les restrictions sur les voyages ont généralement une infrastructure sanitaire et d’hygiène de haut ou de très haut niveau. Elles ont aussi tendance à avoir des taux d’infection à la COVID-19 relativement bas. « Dans les économies avancées, 79 % des destinations touristiques ont déjà assoupli les restrictions. Dans les économies émergentes, elles sont juste 47 % à l’avoir fait. » Aussi, 64 % des destinations ayant assoupli les restrictions présentent une dépendance moyenne à élevée vis-à-vis du transport aérien pour les arrivées de touristes internationaux.

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