Desjardins maintient des mesures d’allègement

L’institution a reçu 178 000 demandes de report de paiement pour des prêts ou des marges de crédit.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L’institution a reçu 178 000 demandes de report de paiement pour des prêts ou des marges de crédit.

La croissance économique étant appelée à être inégale selon les régions et à demeurer fragile, le Mouvement Desjardins annonce le maintien de ses principales mesures d’allègement pour les membres. Les économistes de l’institution estiment que l’activité ne reviendra pas au niveau prépandémie avant la mi-2022, une cible qui dépend de l’ampleur d’une éventuelle deuxième vague.

« Bien que la reprise soit amorcée depuis le début du déconfinement en mai dernier, il faudra du temps au marché du travail pour revenir au niveau d’avant la crise sanitaire », résume l’institution. Face à cette précarité, le Mouvement Desjardins annonce que « les membres et les clients les plus durement touchés pourront donc continuer de bénéficier du report de paiement sur leurs produits de financement et d’un taux d’intérêt réduit sur les cartes de crédit, en plus d’obtenir un accompagnement personnalisé », lit-on dans le communiqué.

Reprise freinée

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), la reprise des PME est notamment freinée par la clientèle moins nombreuse et par la baisse soutenue des dépenses de consommation. On apprend dans un sondage que 64 % des PME sont complètement ouvertes, que seulement 41 % utilisent leur capacité de main-d’œuvre normale et qu’à peine 27 % ont retrouvé leur niveau de ventes habituel. S’ajoutent des défis opérationnels,comme ceux occasionnés par les ventes en ligne impossibles ou limitées, par les expéditions compliquées ou par les chaînes d’approvisionnement interrompues. « Les restrictions gouvernementales et la difficulté à obtenir la main-d’œuvre nécessaire expliquent aussi pourquoi les revenus sont plus bas », énumère la FCEI.

Du côté des consommateurs, « avant le début de la pandémie, une personne ayant recours aux paiements différés sur cinq éprouvait déjà des difficultés financières », rappelle Equifax Canada. « L’utilisation de mécanismes de soutien a été généralisée, avec plus de trois millions de consommateurs ayant eu recours à une mesure d’adaptation pour leurs paiements à un moment ou à un autre depuis février. »

On observe dans le rapport d’Equifax que la dette des consommateurs a augmenté de 2,8 % entre les deuxièmes trimestres de 2019 et de 2020, sous le coup d’une forte reprise du marché immobilier combinée à un ralentissement du remboursement des prêts hypothécaires existants. Car l’endettement non hypothécaire moyen a diminué « alors que les cartes de crédit, les prêts automobiles et les marges de crédit ont subi le contrecoup de l’arrêt de l’activité économique ».

2,8%
Il s’agit, selon le rapport d’Equifax, de l’augmentation de la dette des consommateurs entre les deuxièmes trimestres de 2019 et de 2020.

Le taux moyen de défaillance de plus de 90 jours pour les prêts non hypothécaires est passé à 1,24 %, en hausse de 10,6 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de 2019.

Aide en chiffres

Selon les données fournies, Desjardins a reçu 178 000 demandes de report de paiement pour des prêts ou des marges de crédit, et 130 000 demandes pour des cartes de crédit, du financement Accord D et des prêts automobiles. Aussi, 39 600 entreprises ont profité d’un soutien sous forme de moratoire, de reports de paiements ou de nouvelles conditions de financement. Et l’institution québécoise revendique 58 000 prêts de 40 000 $ liés au programme de la Banque de développement du Canada. Quelque « 2,1 millions de clients ont bénéficié de remise sur prime d’assurance auto, pour un total de 150 millions de dollars », ajoute-t-elle.

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