Les restrictions paralysent encore l’industrie aérienne

Le personnel prend la température des passagers à leur arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau.
Paul Chiasson La Presse canadienne Le personnel prend la température des passagers à leur arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau.

La reprise estivale tant espérée dans l’industrie du transport aérien n’est pas venue. Avec grosso modo quatre voyageurs aériens sur cinq restant à la maison, l’industrie demeure paralysée sous le poids du maintien des restrictions.

La crise de la demande s’est poursuivie avec peu de répit en juillet. « Les gouvernements qui rouvrent puis ferment les frontières, qui suppriment puis réimposent les quarantaines, ne donnent pas confiance aux consommateurs pour faire des plans de voyage, ni aux compagnies aériennes pour reconstruire les horaires », a déploré mardi Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’Association internationale du transport aérien (IATA, en anglais).

Selon ses données, la demande totale en juillet est demeurée anémique, se situant à 79,8 % sous le niveau de juillet 2019, légèrement mieux que la baisse de 86,6 % enregistrée en juin.

Pourtant, les gouvernements font des efforts pour rassurer. « Les gouvernements ont convenu en juin de protocoles mondiaux pour le démarrage sécuritaire de l’aviation », a rappelé l’IATA. L’objectif consiste à restaurer la confiance et à minimiser, voire à annihiler, le risque de contagion afin qu’il n’y ait pas de transmission tant entre passagers que d’un pays à l’autre. Il est aussi évoqué des corridors avec des pays ayant maîtrisé la courbe de la pandémie, soit une reprise des liens et un arrimage avec les pays ayant déjà mis en place des protocoles d’hygiène et de biosécurité.

Nous croyons que certaines [des restrictions] pourraient être revues sur une base réciproque

 

Mais si de nombreux pays ont mis en œuvre les lignes directrices de l’Organisation de l’aviation civile internationale, les résultats tardent en l’absence de coordination visant à gérer la réouverture des frontières.

« Les mesures de quarantaine, en particulier, maintiennent l’aviation, les voyages et le tourisme en état de blocage », déplore l’IATA.

Les voyagistes au Canada

Ce frein est bien ressenti au Canada. Groupe de voyage Sunwing, qui avait esquissé une reprise de ses vols pour la fin d’août, doit s’ajuster à la mise à jour de l’Agence de la santé publique du Canada prolongeant jusqu’au 30 septembre son décret selon lequel toute personne qui entre au Canada est tenue de s’isoler pendant une période de quatorze jours.

Étant donné les restrictions imposées par le gouvernement et les répercussions sur la demande des consommateurs, « Sunwing Airlines continue d’examiner et de réviser les horaires de vol pour les départs de septembre et d’octobre. En tant que voyagiste, Sunwing fait tout son possible pour offrir aux clients une autre destination ou des vols avec d’autres transporteurs sans frais supplémentaires. »

La composante aérienne du plus important voyagiste intégré canadien vers les destinations soleil s’attend du gouvernement « qu’il suive d’autres pays dans l’élaboration de processus visant à rouvrir en toute sécurité les voyages internationaux vers des pays comme ceux des Caraïbes où le taux de COVID est faible, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une quarantaine obligatoire ».

De son côté, Transat précise que les restrictions au voyage plus importantes au Canada qu’ailleurs pèsent sur la reprise des vols.

« Nous comprenons tout à fait les raisons qui mènent au maintien des restrictions, même si nous croyons que certaines d’entre elles pourraient être revues sur une base réciproque. Nous souhaiterions surtout plus de coordination et davantage de visibilité », écrit Christophe Hennebelle.

Et le vice-président Ressources humaines et Affaires publiques chez Air Transat d’ajouter : « Nous pensons que si les restrictions doivent être maintenues en l’état, le Canada devrait mettre en place une aide sectorielle pour son industrie aérienne, alors que la plupart de nos concurrents ont reçu un soutien spécifique de leur gouvernement ».

Au moment de publier, Vacances Air Canada n’avait pas répondu à notre courriel.

À voir en vidéo