Ralentissement de la reprise au Canada

C’est en matière d’activité économique que le retour à la normale est le plus difficile, notamment dans le secteur de l’exploitation pétrolière, du trafic aérien et de la restauration.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne C’est en matière d’activité économique que le retour à la normale est le plus difficile, notamment dans le secteur de l’exploitation pétrolière, du trafic aérien et de la restauration.

La reprise économique s’essouffle au Canada.

Après un fort rebond lors de la levée graduelle par les gouvernements de leurs mesures de confinement, la remontée de l’activité économique, des dépenses, de l’emploi, et même des prix s’est mise à ralentir depuis quelques semaines, a rapporté mercredi la firme d’analyse économique Oxford Economics sur la base d’un nouvel outil de mesure. Seule exception dans ce portrait, non seulement le moral des consommateurs continue de s’améliorer, mais il serait même meilleur qu’avant le début de la crise provoquée par le nouveau coronavirus.

Basé sur une vingtaine d’indicateurs qui couvrent une demi-douzaine de facteurs allant de l’évolution de la pandémie à l’activité financière, en passant par le nombre de nouveaux emplois affichés, de recherches sur Internet pour des maisons ou des voitures à vendre ou encore de déplacements des travailleurs ou des familles, la mesure d’Oxford Economics indique qu’après être globalement tombée en avril à 50 % du niveau qu’elle affichait avant que la COVID-19 ne s’abatte sur elle, l’économie canadienne était revenue à presque 86 % à la fin du mois dernier.

Le rythme de ce retour à la normale a toutefois beaucoup ralenti ces derniers temps, c’est-à-dire en continuant de regagner le terrain perdu, mais trois fois plus lentement le mois dernier qu’en mai. En matière de mobilité, par exemple (d’un creux de 27 % en avril à 83 % en juillet), une forte augmentation des déplacements en voiture n’a pas suffi pour compenser l’anémie qu’affichent toujours ceux en transport en commun ou vers les lieux de travail. Mais c’est en matière d’activité économique (d’un creux de 40 % à seulement 66 % en juillet) que le retour à la normale est le plus difficile, notamment dans les secteurs de l’exploitation pétrolière, du trafic aérien et de la restauration.

À l’inverse, la confiance des consommateurs continue de s’améliorer, à tel point qu’elle était un peu plus élevée à la fin du mois dernier (102 %) qu’à la fin du mois de février. Comme le rattrapage du côté de l’emploi n’est pas fini (85 %) et que le reste du chemin s’annonce encore long, ce bel optimisme, qui s’observe notamment par un bond de l’intérêt pour l’achat de maisons ou de voitures, est probablement surtout le reflet de l’état d’esprit de travailleurs qui s’en sont mieux tirés que les autres parce qu’ils ont pu faire du télétravail et qu’ils sont bien payés, expliquent les auteurs de l’étude.

Deux profils de PME

Les PME comptent parmi les entreprises qui éprouvent le plus de mal à retrouver leur ancienne erre d’aller, a rapporté mercredi la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Au 5 août, seulement les deux tiers (66 %) d’entre elles au Canada se disaient complètement ouvertes, 40 % utilisaient leur capacité de main-d’œuvre normale et seulement 28 % rapportaient des niveaux de ventes habituels en dépit de la fin des mesures de confinement dans la plupart des secteurs. Ces proportions étaient pratiquement les mêmes deux semaines auparavant et un peu meilleures au Québec, à raison des trois quarts complètement ouvertes, de près de la moitié (47 %) avec des effectifs normaux et du tiers (33 %) avec des ventes habituelles.

La situation se révèle particulièrement difficile pour les PME qui se trouvent dans des centres urbains, à peine 22 % au Canada et 26 % au Québec disant avoir retrouvé des niveaux de ventes normaux contre respectivement 37 % au Canada et 45 % au Québec pour les entreprises en zones rurales.

« La fermeture des bureaux dans les centres-villes et la suspension du tourisme international ont porté un coup très dur aux commerces qui s’y trouvent , a observé dans un communiqué François Vincent, vice-président Québec à la FCEI. Ces entreprises sont frappées durement. Elles risquent de fermer définitivement leurs portes, et en grand nombre. »

Aussi, la FCEI en appelle à la solidarité des citoyens. « L’achat local est crucial pour la survie de nos PME », dit François Vincent.

Inflation nulle

Ces consommateurs pourront profiter de la stagnation des prix sur l’année, a rapporté mercredi Statistique Canada. L’un des reflets de l’état de l’économie, l’indice des prix à la consommation (IPC), a dégringolé en même temps que la pandémie ravageait les économies cette année jusqu’au mois de juin, où l’on a été témoin d’un modeste rebond équivalant à une inflation de 0,7 % sur 12 mois.

Cette remontée a toutefois été de courte durée et a tout de suite été suivie d’une nouvelle baisse qui a ramené le prix des biens et services au pays le mois dernier essentiellement au même niveau qu’à pareille date l’an dernier (+ 0,1 %).

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