Fin de l’actionnariat québécois au sein du Cirque du Soleil

Une scène du spectacle «Corteo», du Cirque du Soleil, lors de son retour au Québec en 2018
Photo: Cirque du Soleil Une scène du spectacle «Corteo», du Cirque du Soleil, lors de son retour au Québec en 2018

Un groupe de créanciers du Cirque du Soleil s’installera aux commandes de l’entreprise de divertissement, un scénario qui, s’il se concrétise, écarterait la présence québécoise au sein de l’actionnariat de la troupe fondée en 1984.

Les prétendants avaient jusqu’à 17 heures, mardi, pour soumettre une proposition supérieure à celle de 1,2 milliard $ US émanant de la douzaine de prêteurs garantis menés par la firme torontoise Catalyst Capital Group.

« Nous n’avons pas reçu une offre supérieure », a indiqué la porte-parole du Cirque, Caroline Couillard, dans une déclaration.

La Cour supérieure du Québec, qui supervise le processus en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) devra officialiser le tout dans le cadre d’une audience qui devrait avoir lieu plus tard ce mois-ci.

Dans un courriel, le directeur général et associé de Catalyst, Gabriel de Alba, a estimé qu’il s’agissait d’un « excellent » dénouement pour l’entreprise, ses employés ainsi que ses artistes pour éventuellement recommencer à offrir des spectacles. « Maintenant que les récents faux pas de la compagnie sont derrière nous, nous sommes impatients de conclure rapidement la transaction et de la soutenir pour qu’elle ravive la magie et le talent artistique qui ont fait du Cirque du Soleil une marque mondiale emblématique », a-t-il souligné.

Cela écartera les actionnaires actuels de l’entreprise : le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui avaient acquis une participation majoritaire dans le Cirque lorsque son cofondateur Guy Laliberté avait décidé de ne conserver que 10 % de la compagnie. En fin d’après-midi, mardi, ces derniers n’avaient pas offert de commentaires.

Incapable de générer des revenus après avoir annulé ses 44 spectacles à travers le monde en raison de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, le Cirque s’est tourné vers la LACC à la fin de juin, ce qui a mené au licenciement de quelque 3500 employés.

Les prêteurs proposent d’allonger jusqu’à 375 millions $ US — sans aide gouvernementale — à la disposition de la compagnie. Deux fonds totalisant 20 millions $ US seront également créés pour verser les sommes dues aux ex-travailleurs et artisans. L’entente prévoit un engagement pour le maintien du siège social du Cirque à Montréal pendant au moins cinq ans.

« Notre avenir passera par le numérique et accordera la priorité à la gouvernance et à la responsabilité sociale », a indiqué M. de Alba.

Dans l’immédiat, le président et chef de la direction du Cirque Daniel Lamarre devrait conserver son poste, selon ce qu’a indiqué une source au fait du dossier, mais qui n’était pas autorisée à parler publiquement.

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