Prévisions révisées sur la demande mondiale en pétrole

La demande de brut doit chuter cette année à 91,9 millions de barils par jour (mb/j), soit 140 000 mb/j de moins que prévu.
Photo: John Woods La Presse canadienne La demande de brut doit chuter cette année à 91,9 millions de barils par jour (mb/j), soit 140 000 mb/j de moins que prévu.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a abaissé jeudi ses prévisions de la demande mondiale de pétrole pour 2020 et 2021 en raison de la faiblesse persistante du secteur des transports, notamment aérien, avec la crise sanitaire.

La demande de brut doit chuter cette année à 91,9 millions de barils par jour (mb/j), soit 140 000 mb/j de moins que prévu jusqu’alors, avant de rebondir à 97,1 mb/j l’an prochain, soit 240 000 de moins que prévu.

« Les secteurs du transport aérien et terrestre, qui constituent tous deux des composantes essentielles de la consommation de pétrole, continuent à connaître des difficultés », note l’AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole.

L’agence basée à Paris, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique, explique en particulier avoir revu à la baisse ses perspectives pour l’an prochain, car « le secteur aérien va probablement mettre plus longtemps à se remettre ».

La pandémie de COVID-19 a en effet mis quasi à l’arrêt le trafic aérien, qui reprend maintenant très doucement.

Selon des statistiques citées par l’AIE, le trafic mondial était ainsi en juillet encore en baisse des deux tiers par rapport à la normale, après –75 % en juin et –79 % en mai.

« Les voyages d’affaires vont rester très réduits à l’échelle mondiale tant qu’un vaccin ne sera pas trouvé, tandis que les voyages de loisirs seront essentiellement limités aux vols intérieurs et court-courriers », estime l’AIE.

Ces difficultés dans les transports et la chute de l’activité en général avaient conduit l’AIE à anticiper un effondrement historique de la demande de brut cette année. Elle doit rebondir l’an prochain, sans toutefois revenir au niveau de 2019.

Face à cette situation, les pays producteurs ont fini par ajuster l’offre de brut pour soutenir des cours qui se sont effondrés avec la crise et se sont désormais stabilisés.

La production est toutefois repartie à la hausse en juillet, note l’AIE. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait ainsi indiqué mercredi avoir plus pompé le mois dernier, notamment l’Arabie saoudite.

« L’incertitude actuelle concernant la demande, à cause de la COVID-19, avec la possibilité d’une production en hausse, signifie que le rééquilibrage du marché reste délicat », met en garde l’AIE.

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