La crise continue de stimuler les ventes du groupe Metro

L’épicier a récemment mis fin à la prime salariale temporaire offerte à ses employés au début de la crise sanitaire.
Jacques Nadeau Le Devoir L’épicier a récemment mis fin à la prime salariale temporaire offerte à ses employés au début de la crise sanitaire.

Metro estime que la pandémie de COVID-19 continuera à stimuler ses ventes et anticipe une diminution de ses dépenses liées au nouveau coronavirus, l’épicier ayant récemment mis fin à la prime salariale temporaire offerte à ses employés au début de la crise sanitaire.

Au cours du trimestre actuel, les ventes des établissements ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail — ont bondi d’environ 10 % dans les magasins d’alimentation exploités par l’entreprise. Du côté des sections commerciales de ses pharmacies, l’augmentation est supérieure à 6 %.

« Ce sont des [données] robustes », a souligné le président et chef de la direction de Metro, Éric La Flèche, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter de la performance au troisième trimestre qui s’est terminé le 4 juillet.

Au cours de cette période, les ventes comparables des épiceries et des sections commerciales des pharmacies ont respectivement progressé de 15,6 % et 2,5 %. Parallèlement, les dépenses liées à l’exploitation du réseau pendant la pandémie de COVID-19 ont commenté à diminuer.

6%
C’est l’augmentation, même supérieure à ce taux, des ventes du côté des sections commerciales des pharmacies.

Pendant le troisième trimestre, l’entreprise québécoise a dépensé 107 millions de dollars de plus en raison de la crise sanitaire. Environ la moitié de cette somme était attribuable à la prime salariale temporaire.

Des coûts moins élevés

Metro ainsi que ses concurrents les compagnies Loblaw et Sobeys avaient cessé d’offrir cette prime horaire en juin. Metro proposait 2 $ l’heure à ses salariés depuis le 8 mars. L’entreprise offrait également à ses travailleurs à temps plein une prime supplémentaire de 200 $ et un montant de 100 $ à ses employés à temps partiel.

La décision des grandes chaînes d’alimentation de cesser simultanément d’offrir une prime horaire à leurs employés avait été critiquée. Devant le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie de la Chambre des communes, le mois dernier, M. La Flèche et ses collègues avaient été cuisinés par les élus qui voulaient savoir pourquoi ceux-ci ont tous cessé de verser ces bonis dès le 13 juin. Les trois dirigeants avaient affirmé avoir pris cette décision de manière indépendante.

Les coûts liés à la crise sanitaire devraient être moins élevés au cours des prochains mois, a souligné la haute direction de Metro lors de la conférence téléphonique.

Jouer de prudence

Lorsqu’on lui a demandé s’il s’attendait à ce que les résultats du quatrième trimestre allaient continuer à être influencés positivement par les effets de la pandémie de COVID-19, M. La Flèche a joué de prudence.

« Nous ne fournissons pas de prévisions, mais je vous laisse faire vos [calculs] », a-t-il répondu.

Metro a engrangé des profits de 263,5 millions de dollars, ou 1,04 $ par action, au cours du troisième trimestre, par rapport à 222,4 millions de dollars, ou 86 cents par action, il y a un an. Les ventes ont progressé de plus de 10 %, à 5,84 milliards de dollars, alors que la pandémie a incité de nombreux consommateurs à cuisiner à la maison plutôt qu’à sortir manger au restaurant.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté par action de l’épicier s’est établi à 1,08 $, comparativement à 90 cents par action au troisième trimestre l’an dernier. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 1,07 $ par action, selon la société de données sur les marchés financiers Refinitiv.

Dans ses perspectives, Metro a déclaré qu’il était impossible de prédire combien de temps les effets de la pandémie allaient continuer à être ressentis et ce que cela signifierait pour les habitudes des consommateurs à long terme.

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